La réforme de l'assurance-emploi met en péril l'emploi saisonnier

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Les nouvelles règles de l’assurance-emploi entrées en vigueur le 6 janvier dernier présentent un défi de taille pour les travailleurs saisonniers et leurs employeurs. Cette réforme fait en sorte que les prestataires « fréquents »
doivent accepter tout « emploi raisonnable », parfois à une heure de route de leur domicile et dans un domaine d’emploi qui leur est étranger, sinon ils risquent de perdre leurs prestations. Les travailleurs devront aussi accepter des emplois à 80 % ou même 70 % du salaire de l’emploi perdu. 

Une préoccupation qui ne date pas d’hier…

Même avant ces changements, le travail saisonnier représentait une source de défis en matière de recrutement et de rétention pour les employeurs. Ces défis s’accentuent à mesure que la rareté de main-d’œuvre se fait sentir. Face à cette situation, le tourisme et six autres secteurs concernés se sont regroupés en 2010 au sein du Chantier sur la saisonnalité. L’une des priorités énoncées dans les recommandations émanant des travaux est la nécessité de se doter d’un statut d’emploi saisonnier, reconnu dans une loi ou dans une politique, qui pourrait prendre en compte, entre autres, la récurrence de l’emploi, le paiement hebdomadaire des vacances, l’étalement des heures de travail et l’accès à la formation continue. 

La position de l’industrie touristique

Les changements à l’assurance-emploi propulsent cet enjeu en tête de liste des préoccupations de l’industrie. Qu’arrivera-t-il si les travailleurs saisonniers récurrents, c’est-à-dire ces employés-clés qui reviennent chaque année offrir leur expérience et leurs compétences techniques, sont forcés d’accepter un autre emploi, et par la suite ne sont plus disponibles au moment où leur employeur saisonnier requiert leurs services? Ces entreprises devront-elles cesser leurs activités, faute de main-d’œuvre? 

Face à ce risque, l’Association québécoise de l’industrie touristique (AQIT) a déjà diffusé un communiqué et donné des entrevues pour demander la suspension de la réforme et la reconnaissance du statut. L’AQIT a également rencontré au cours du mois de février, les associations représentant d’autres secteurs économiques touchés par la saisonnalité pour déterminer les actions collectives qui seront entreprises.

En tant qu’acteur de l’industrie touristique, il est important de suivre ce dossier avec attention. Les développements des prochains mois pourraient grandement influencer le développement futur de l’industrie touristique.

Cette nouvelle chronique RH est le fruit d'une collaboration avec le Conseil Québécois des Ressources Humaines en Tourisme (CQRHT) et vous reviendra sur une base mensuelle. Commentaires, suggestions, n'hésitez pas à nous en faire part à redaction@tourismexpress.com

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