Réponse gouvernementale à la pénurie de sauveteurs – Une bonne intention qui passe à côté des vrais enjeux

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La coalition des associations touristiques dont les entreprises membres sont touchées par la pénurie de sauveteurs déplore que l’annonce gouvernementale du 21 juin ne réponde pas à la situation urgente actuelle. Le gouvernement du Québec a opté pour une injection de fonds visant à rendre gratuites les formations des aspirants sauveteurs. Bien que cette intention soit louable, les membres de la coalition considèrent que cette orientation ne s’attaque pas à l’origine réelle du problème. À preuve, bon nombre d’employeurs assument déjà les coûts de formation afin de faciliter le recrutement de futurs sauveteurs, et continuent malgré tout à éprouver des difficultés à recruter des candidats aptes et intéressés à suivre le cursus.  

Les associations touristiques de la coalition ont multiplié les démarches auprès du gouvernement du Québec afin de l’alerter quant à l’urgence de pallier la pénurie de sauveteurs qui affecte l’industrie touristique, et ce, avec l’objectif de protéger à la fois la sécurité et la qualité de l'expérience des clientèles. La coalition a soulevé les enjeux en cause, et a proposé des solutions concrètes afin d’enrayer cette pénurie chronique avec laquelle les gestionnaires de lieux de baignade doivent composer depuis de nombreuses années, soit bien avant que ne survienne la pénurie de main-d’œuvre généralisée qui sévit actuellement.  

Pour la saison 2022, malgré les immenses efforts de recrutement des gestionnaires de lieux de baignade et les actions de soutien au recrutement menées par différentes associations, une grande proportion des établissements touristiques continuent d’éprouver de la difficulté à se doter du personnel requis pour opérer leurs lieux de baignade en conformité avec les exigences de la Loi et ainsi assurer la sécurité des baigneurs. À titre d’exemple, selon un sondage maison réalisé en mai dernier par l’Association Hôtellerie Québec, 77 % des répondants hôteliers qui ont des piscines ou une plage sont en pénurie de sauveteurs. La principale raison estimée est le manque de sauveteurs certifiés dans les régions.    

« Nous sommes plus que déçus.  Les mesures proposées sont incomplètes et inadéquates pour répondre aux besoins des hôteliers durant cette période de haute saison touristique. Nous avions demandé des mesures à très court terme, afin que nos hôteliers puissent avoir plus de sauveteurs dès cet été.  Notre cri du cœur n’a pas été entendu. Malheureusement, bien des vacanciers risquent de se retrouver avec des piscines fermées cet été! », déplore Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l’Association Hôtellerie du Québec.  

« Malgré l’annonce d’aujourd’hui, on peut s’attendre à ce que des établissements maintiennent fermées leurs infrastructures de baignade, ou dans le meilleur des cas, parviennent à les ouvrir en restreignant considérablement les plages horaires disponibles. La pénurie de sauveteurs est une problématique que les terrains de camping connaissent depuis plusieurs années, mais la situation actuelle est critique. Nous ne pouvons pas être défavorables à l'annonce gouvernementale, cependant il devrait y avoir d'autres mesures envisagées afin de régler le problème à court et long termes! », ajoute Simon Tessier, président-directeur général de Camping Québec.  

Du point de vue de la coalition, le principal nœud du problème se situe au niveau de la certification en elle-même, notamment en ce qui a trait aux éléments suivants :   

  • Les épreuves d’endurance et de force physique qui ne tiennent pas compte des caractéristiques des types de bassins.
  • La très longue durée du processus de formation qui peut s’échelonner sur quelques années (pour obtenir un certificat de Sauveteur national à l’âge de 16 ans pour un jeune possédant déjà des habilités en natation doit compléter au moins quatre niveaux de formation à compter de l’âge de 13 ans).

Selon les membres de la coalition, la structure et les exigences du programme de certification, à la base conçus pour une jeune clientèle, constituent un frein majeur à la formation et au recrutement de candidats d’âge adulte, retraités ou provenant de l’étranger, qui sont des bassins de main-d’œuvre à ne pas négliger dans le contexte démographique actuel.  

Ces organisations souhaitent également adresser les enjeux de valorisation de la fonction, l’aide spécifique aux employeurs en plus de l’adaptation des exigences de la certification, l’âge d’admissibilité et autres pistes concrètes.  

En ce sens, les représentants d’associations touristiques croient que des modifications réglementaires s’imposent du côté de la Régie du bâtiment du Québec afin de tenir compte des types de bassins et de leur niveau de risque pour mettre fin à l’approche uniformisée. L’Ontario a déjà adopté cette approche en révisant les exigences requises pour la surveillance de bassins peu profonds tels les pataugeoires.  Les exploitants du Québec espèrent que cette orientation soit mise en place au Québec également.   

Des solutions concrètes sont proposées par les membres de la coalition afin d’accroitre très rapidement le bassin de personnes qualifiées pour assurer une surveillance des différents lieux de baignade. Les membres des quatre associations et probablement leurs clients sont déçus et espèrent que l’annonce du 22 juin ne soit qu’un premier pas en ce sens et que d’autres mesures seront mises en place dans les prochains jours, notamment du côté de la Régie du bâtiment du Québec, afin de donner suite à leurs recommandations.    


À propos des membres de la coalition  

CAMPING QUÉBEC

Forte de plus de 800 membres issus des secteurs public et privé, Camping Québec, l’Association des terrains de camping, représente plus de 90 % de l’offre en termes d’emplacements de camping au Québec. Elle a pour mission de promouvoir et de favoriser la croissance et le développement de l’industrie du camping de même que la pratique de cette activité au Québec. Elle est aussi mandataire du ministère du Tourisme en ce qui a trait à la mise en œuvre de la Loi sur les établissements d’hébergement touristique.   


ASSOCIATION HÔTELLERIE QUÉBEC

L’AHQ existe depuis 1949. Elle est le chef de file de l’hôtellerie au Québec. Elle rassemble les hôtels, gîtes, auberges de jeunesse et résidences touristiques enregistrés dans la province et elle est la seule association sectorielle reconnue par le ministère du Tourisme du Québec. Sa mission est de représenter, guider, informer et défendre les intérêts collectifs de ses membres afin d’accroître la compétitivité de l’industrie de l’hébergement touristique du Québec.  


REGROUPEMENT DES PARCS AQUATIQUES DU QUÉBEC

Créé en 2011, le Regroupement des parcs aquatiques du Québec (RPAQ) regroupe neuf parcs aquatiques de différentes régions du Québec. Ces sites offrent une panoplie d’activités aquatiques pour tous les goûts. Chaque année, ils attirent plus de 1,5 million de visiteurs, dont 90 % étaient des résidents du Québec en 2019 (67 % étant des excursionnistes ou des touristes de villégiature). Le Regroupement des parcs aquatiques du Québec regroupe les 8 entreprises suivantes :


ÉVÉNEMENTS ATTRACTIONS QUÉBEC

Regroupant près de 500 événements et attractions membres, Événements Attractions Québec a pour mission de concerter, représenter et soutenir les attractions touristiques, les festivals et les événements en une communauté dynamique et innovante pour contribuer pleinement à la vitalité de toutes les régions du Québec.

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