Suggestions gastronomique et électrique sur la plan de développement hivernal du Québec

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Pour réussir à se positionner sur l’échiquier du tourisme international en hiver, il faudra plus innover  en misant sur ces deux opportunités uniques pour le Québec :  la gastronomie nordique québécoise et la motoneige électrique ! Le conseiller en tourisme, Jean-Michel Perron, jette un regard sur le récent «Plan stratégique de la mise en valeur du tourisme hivernal» déposé par le gouvernement du Québec et apporte quelques suggestions pour réussir à réellement se démarquer. Aujourd’hui, la gastronomie nordique québécoise.

Tout comme pour le plan Saint-Laurent en tourisme, il importe de saluer dans la stratégie hivernale une recherche sérieuse et très à-propos avec une identification effective de réels enjeux en tourisme (forfaitisation et l’intégration du réseau de distribution, ressources humaines,  accessibilité et intermodalité…). L’identification de 5 zones prioritaires d’intervention et de 4 produits (ski alpin/montagne; motoneige Festivals/événements et Parcs nationaux) est logique, mais pour atteindre notre plein potentiel ce ne sera pas suffisant.

Vous connaissez le «Long tail/Longue traîne» sur le Web? Ce sont «… les produits qui sont l’objet d’une faible demande, ou qui n’ont qu’un faible volume de vente, peuvent collectivement représenter une part de marché égale ou supérieure à celle des produits vedettes, si les canaux de distribution peuvent proposer assez de choix, et créer la liaison permettant de les découvrir» via Wikipédia. Pour faire un parallèle avec nos actuels plans de développement en tourisme, oui il importe de concentrer nos principales interventions, mais il ne faut pas perdre de vue les dizaines de produits actuels ou potentiels disséminés à travers le Québec qui n’auront jamais les volumes de visiteurs des grands pôles, mais qui au total peuvent représenter un volume très élevé en revenus par visiteurs. Ces produits pourront permettre au Québec de faire de millage en relations de presse, car ce sont souvent des produits originaux. Mais surtout, ce sont principalement dans les produits à forte interactivité personnelle et humaine (des petites entreprises touristiques telles qu’en tourisme d’aventures) que la satisfaction élevée se réalise; que les véritables expériences se produisent, tel que le démontre certaines recherches internationales. Le bouche à oreille positif et le marketing viral si vital pour le Québec proviennent majoritairement de ces petites entreprises. Ce n’est pas le siège d’avion sur American ou la chambre du Marriott du centre-ville, même si leur qualité et leur service est performant, qui provoquent une expérience humaine exceptionnelle.

De ces produits à faible potentiel en hiver (en nombre de clients), mais nécessaires à considérer pour le succès marketing de notre destination, je suggère ceux-ci :

  • Les aurores boréales dans le Nord-du-Québec (le produit principal du succès touristique hivernal en Scandinavie);
  • Les safaris-photos de janvier à avril en Eeyou  Istchee/Baie-James avec les 360 000 caribous du troupeau de la Rivière-Aux-Feuilles.  Ce sont les mammifères terrestres (ceux du Québec) effectuant la plus grande migration de la planète ! 
  • Une croisière d’hiver à travers les glaces en Basse-Côte-Nord/Gaspésie sur le nouveau  N/M Bella Desgagnés;
  • Un raid guidé motoneige ou traîneau à chiens chez les Cris de la Baie-James (Eeyou Istchee) de Waskaganish à Whapmagoostui sur la route historique des fourrures de la cie de la Baie-D’Hudson;
  • Les blanchons en mars-avril aux Iles-de-la-Madeleine, mais également en Basse-Côte-Nord;
  • Mise en place avec une nation autochtone et un  parc national d’un circuit permanent  de type «  Compostelle» - physique & spirituel- hivernal en raquettes dans la zone Mauricie-Lanaudière.


Par ailleurs, un élément très important et pouvant générer du volume, est le magasinage et la féérie de la période des Fêtes à Montréal ou à Québec. Avec l’événementiel dont les marchés de Noël, la gastronomie nordique, la motoneige, le ski, le tourisme autochtone et les parcs nationaux de proximité (raquettes, hébergement alternatif, etc.), il y a un positionnement «Noël / Nouvelle Année» unique à offrir aux touristes internationaux. Faut simplement l’imaginer, continuer de le développer sous l’angle d’expériences optimales et le forfaitiser…

Mais, ceci étant dit, on peut et on doit faire encore mieux en mettant de l’avant, dès maintenant, deux grands chantiers d’innovation pure : gastronomie nordique & motoneige électrique qui :

  1. Permettraient au Québec de se démarquer;
  2. Répondraient à des attentes élevées de clientèles internationales;
  3. Sont structurants, exigeant des compétences multidisciplinaires pour se développer;
  4. Et pour la gastronomie nordique, se décline dans toutes les régions du Québec et dans chacun des produits touristiques prioritaires   


Pour une gastronomie nordique québécoise

Le Québec a le potentiel de devenir la destination nord-américaine de la gastronomie nordique. Au début des années 2000, le restaurant Noma à Copenhague a commencé à présenter sa «Nordic food». En un peu plus de 10 ans, on a assisté à la création d’une nouvelle tradition culinaire au même niveau que le design scandinave (IKEA) ou le cinéma scandinave. La «nouvelle cuisine nordique» est aujourd’hui une démarche de création politique et poétique qui raffermit l’image de marque non seulement de Copenhague, mais de la Scandinavie en général, basée sur l’authenticité, la légitimité, le succès populaire et son unicité. Un manifeste existe en 10 points avec le support de tous les gouvernements scandinaves. Tout ça en 10 ans !

Le Québec peut créer SA cuisine nordique authentique. Saluons ici l’initiative du gouvernement du Québec le mois dernier avec la mise en place d’un projet pilote dans 10 restaurants du Québec, effectif l’automne prochain, qui vont servir du gibier sauvage. Mais ce n’est qu’une première étape. La gastronomie nordique ne doit pas se limiter uniquement aux restaurants dits «gastronomiques», elle doit être partout en restauration, sur la rue, dans les activités de plein air et en produits dérivés. Elle ne doit pas se limiter non plus qu’aux viandes sauvages. Notre forêt avec ses produits forestiers non ligneux (PFNL) est un véritable garde-manger naturel inexploité. Et n’oublions surtout pas ce qui nous démarque sur la planète : au prorata, nous avons le plus grand nombre de micro-brasseries, une vaste variété de fromages à rendre les Français blancs d’envie et des cidres divins !  Et la bouffe l’hiver prend encore plus une dimension importante, voire réconfortante.

Il importe de faire un plan stratégique spécifiquement sur cette approche très structurante et au bénéfice de toutes les régions du Québec :  Quels sont les produits disponibles et à développer, le réel potentiel d’unicité (ex : nous avons en Eeyou Istchee les champignons Matsutake parmi les meilleurs au monde selon les Japonais qui en paient d’ailleurs le gros prix), comment effectuer les collectes, les transformations, les règlements à considérer et à modifier, l’intégration dans nos différents types de restauration, l’accessibilité aux produits dérivés, la création d’une image de marque, la mise en marché, etc.

Et tout ça, pourquoi? Parce que la bouffe, c’est une tendance lourde. Parce que bonne bouffe et «Frenchies» c’est naturel pour l’Américain même s’il voudra tout de même manger des crêpes dans le Vieux-Montréal et pas nécessairement des branches d’épinettes….Voyez cette recherche de la firme Mandala auprès de 2 113 participants (en groupes de discussion) en mai 2013. 71 % des Américains sont des excursionnistes ou touristes (50 milles minimum ou avec nuitée), parmi ceux-ci 131 millions sont qualifiés de touristes culinaires dont 30 % choisissent une destination en fonction de la bouffe !
































DEMAIN : La motoneige électrique et le tourisme autochtone.

Rédigé par Jean-Michel Perron, conseiller en tourisme.

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