Le tourisme nordique... La recherche appliquée: pour savoir de quoi on parle!

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Jean-Michel Perron, conseiller en tourisme chez PAR Conseils, présentera une série d’articles portant sur la recherche en tourisme nordique. Aujourd’hui: La recherche appliquée: pour savoir de quoi on parle réellement en tourisme au Québec.

En 2016, selon des économistes danois, Airbnb représente un apport très positif au tourisme, générant des visiteurs qui autrement ne seraient pas venus au Danemark et n’impacte en rien les hôtels de qualité de Copenhague.

En 2016, le principal marché touristique étranger de la Suède, c’est l’Allemagne. Les touristes allemands, dans la réalité, s’arrêtent aux Bureaux d’informations touristiques et utilisent cartes/guides papier au lieu de surfer sur Internet durant leur séjour pour trouver des renseignements…

Voilà les constats de deux des 140 recherches présentées la semaine dernière en Finlande. Pas des opinions, des faits rigoureusement démontrés. 

Front de mer à Helsinki, capitale de la Finlande 

Imaginez l’impact à de multiples niveaux de pouvoir accéder à ce genre de renseignements concrets sur ton industrie touristique au lieu de prendre les clichés insipides en tourisme tel qu’en dehors du Web, des apps et des médias sociaux, pas d’avenir pour une destination et en plus fermons tous les BIT! Nous aurions intérêt à nous inspirer de la recherche en tourisme des pays scandinaves afin de maximiser notre performance touristique au Québec. 

Je reviens du 25e symposium en tourisme nordique qui avait lieu la semaine dernière à Turku, en Finlande. Comme d’habitude, j’étais le seul en provenance du Québec, et même d’Amérique du Nord, et le seul parmi les 164 participants ne provenant pas de la recherche universitaire en tourisme. 

Centre-ville de Turku, ville historique et universitaire (40 000 étudiants sur une population de 200 000)

Nous sommes un pays nordique. Montréal est nordique, même si son club de hockey ne porte pas ce nom. Avec 25 millions de population et de nombreux enjeux similaires aux nôtres (ressources humaines limitées, défis de l’entreprenariat des PMEs touristiques qui est déficient, accessibilité de leurs régions éloignées, compétition forte des destinations vedettes internationales, etc.), les pays scandinaves, contrairement à nous, s’appuient sur 20 universités, oui 20, avec des centaines de docteurs en tourisme, pour comprendre et anticiper par la recherche appliquée, leur tourisme.

Les paysages de la Finlande ont beaucoup de similitudes avec le Québec. Ici en « train-garderie » vers Turku

La nouvelle Alliance de l’Industrie Touristique du Québec est un vent de fraîcheur salutaire pour notre secteur, mais pour mieux se vendre, elle devra avoir en main des connaissances stratégiques et appliquées sur les clientèles actuelles et notre industrie que nous possédons peu, autrement que les données de base telles que les statistiques générales sur nos visiteurs et les tendances générales. Dans un environnement hautement compétitif au Canada et à l’international, le Québec avec son fort potentiel, doit cerner ce qui se passe, anticiper et agir en conséquence. Favoriser l’émergence d’idées novatrices en développement et en marketing touristique au Québec doit s’appuyer sur des faits et une compréhension qui nous manque tous cruellement. 

Concrètement, voyez quelques titres de recherches présentées la semaine dernière à Turku:

  • Enablers of extraordinary cultural festival experiences
  • City centers as touristic experiences
  • Sailing for a more sustainable tourism future: A study of a multi-actor alliance for innovation
  • DMOs, technology and digital business
  • Rethinking local networking for destination development and internationalization
  • The myth of early and online booking gains
  • Cruise tourism along the Norvegian coastline: How can local agents enhance the generation of value at the local level?
  • The state-of-the-art in tourism marketing research – The paradigm shift towards brands and branding
  • The meaning given to the clean air of Lapland by Chinese tourists
  • The whys or why nots of visiting a place
  • Attitude towards competence development among employees in tourism industry
  • Entreprenarial behavior in micro-tourism companies
  • Is authenticity for sale ? An investigation of Giethoom
  • Should every council be a destination ?
  • Economic and policy implications of reducing VAT rates in hotel sector in Denmark
  • Local food as part of the tourism product and the influence on behavior of stakeholders
  • Second home landscapes in Sweden: Investigating in the “ hidden giant” of tourism
  • Transformational tourism: extraordinary experiences and learning
  • Experimenting with experiments: Using mixted methods to collect tourism data
  • (Re)framing tourism governance – Taking the bull by the horns?
  • (Winter) Adventures in the north: Performances and responsabilities
  • Innovations in the Swedish hotel industry

Après l’édition de 2013 en Norvège, j’avais rencontré les responsables de la recherche à Tourisme Québec et parlé informellement avec des gens de la Chaire en tourisme de l’UQAM sur l’importance d’orienter nos recherches vers des enjeux et des sujets très concrets qui répondent aux préoccupations et aux intérêts réels du tourisme au Québec. Et de participer activement au tourisme nordique avec les Scandinaves, ayant tellement de points communs à partager. 

L’association Northors, qui organise le symposium nordique, pour leur en avoir encore parlé il a quelques jours, ne demanderait pas mieux que de faire une place au Québec et au Canada dans leur événement annuel mais il faut que nous les approchions dans un esprit d’échanges, tous ensemble: universités, département recherche de Tourisme Québec et l’Alliance… En 2017, c’est à Falun en Suède du 4 au 6 octobre... Quel extraordinaire partenariat à développer! 

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Nominations

Bruno Leclaire nommé chef de la direction des systèmes d'information de Transat

Transat annonce la nomination de Bruno Leclaire au poste de chef de la direction des systèmes d'information (DSI) et des solutions numériques, avec effet le 1er novembre. M. Leclaire succèdera à Michel Bellefeuille, qui occupait cette fonction depuis huit ans et qui prendra une retraite active le 31 décembre prochain.

Bruno Leclaire s'est joint à Transat en 2015 en tant que vice-président, Commerce électronique et chef, Solutions numériques. À ce titre, il est en charge de la stratégie numérique de Transat, y compris la distribution en ligne B2C, la gestion de la relation client (CRM), le marketing en ligne et la mobilité. Le cumul de ses fonctions actuelles et de ses nouvelles responsabilités à la DSI amènera M. Leclaire à piloter l'ensemble des grands projets technologiques de la Société.

Après avoir co-fondé Jobboom en 2000, Bruno Leclaire a occupé divers postes de direction, notamment chez Transcontinental et Québecor Média, ce qui lui a permis de développer une vaste expérience en technologies numériques et en commerce électronique.

M. Leclaire détient un baccalauréat en technologie de l'information à l'Université de Sherbrooke.

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