La motoneige électrique et le tourisme autochtone

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Jean-Michel PerronLe conseiller en tourisme, Jean-Michel Perron, jette un regard sur le récent «Plan stratégique de la mise en valeur du tourisme hivernal» déposé par le gouvernement du Québec et apporte quelques suggestions pour réussir à réellement se démarquer. Hier, on traitait de gastronomie nordique québécoise. Aujourd’hui :  la motoneige électrique et le tourisme autochtone.

La motoneige électrique

Avec raison, la motoneige est identifiée comme étant l’un des quatre (4) produits à prioriser en hiver au Québec. On l’a inventé et on a le plus vaste réseau de sentiers au monde. Avec le réchauffement climatique, nous avons suffisamment de nordicité pour pouvoir éventuellement se déplacer plus au Nord…

On connaît tous l’attrait de la motoneige touristique au Québec, en Ontario, aux États-Unis et dans certains pays d’Europe. Mais cet attrait pourrait grandement augmenter si nous avons l’audace de devenir la première destination de motoneige électrique au monde. Les avantages seraient multiples comme je l’écrivais, jadis, sur mon blogue le 3 septembre 2009 dont :

  • Nous développons au Québec de nouvelles technologies;
  • Nous produisons au Québec de nouveaux équipements;
  • Nous sollicitons de nouveaux marchés naturels (les Allemands, les écotouristes québécois et américains) peu propices à bruler du gaz…


Évidemment, il y a des contraintes techniques à produire la motoneige électrique pouvant circuler sur de longues distances à – 30c. Et est-ce que la cohabitation avec les motoneiges de 2 et 4 temps sur les mêmes sentiers est réaliste? Mais soyons imaginatifs avant de se faire damer le pion par d’autres destinations. On peut ainsi penser à un réseau de «motoneige-lib» sur certains circuits spécifiques comme la zone motoneige identifiée dans le plan Hiver. Le touriste «électrique» pourrait ainsi changer de véhicules à tous les 75 ou 100 kilomètres….

Pour la technologie, voyez l’entreprise canadienne CrossChasm avec sa motoneige au Groenland (photo)  ou encore le Saguenéen imaginatif Yvon Martel avec sa machine impressionnante. Bref, c’est un dossier multidisciplinaire à étudier et à planifier. Ce serait naturel pour le Québec, grand producteur d’électricité et en harmonie avec le respect de l’environnement.























Les expériences autochtones

Selon un sondage effectué en 2008 par la CCT, 85 % des touristes français; 72 % des touristes allemands et 46 % des touristes britanniques sont intéressés par le tourisme autochtone au Canada. Ce sont nos marchés outre-mer les plus importants.

Il importe (et c’est faisable) dans les 5 zones identifiées dans le Plan Hiver et dans les 4 activités prioritaires de voir comment intégrer l’expérience autochtone authentique. Se priver de l’apport des cultures des premières nations du Québec est non durable et contre-productif dans notre mise en marché internationale.

La connaissance des clients actuels

En terminant, permettez-moi un commentaire sur toute notre stratégie actuelle de développement. Avant de vouloir augmenter nos recettes touristiques, ce qui est légitime et même urgent, il importe de s’assurer que nos clients actuels soient satisfaits. Je dirais même, plus que satisfaits, afin qu’ils génèrent un bouche à oreille positif via des expériences vécues mémorables dans tous leurs points de contact lors de leur séjour au Québec. Or, on en sait très peu sur ce que le touriste actuel  ontarien, américain ou français a aimé, n’a pas aimé ou aimerait vivre au Québec. Il nous faut des recherches qualitatives détaillées et partagées SUR NOS VISITEURS ACTUELS afin d’ajuster finement notre développement. Comme me le disait un vieux spécialiste américain des sondages lors d’un congrès en recherche en tourisme à Philadelphie  en 2008 : « Si vous demandez à des mères quel marque de céréales elles comptent acheter pour leur enfant, elles vont toutes vous dire qu’elles achèteront ce qu’il y a de meilleur pour la santé… mais en réalité, à l’épicerie question de coût, d’influence de la publicité ou de leur enfant sur place, elles achètent souvent d’autres produits non-santé.» Bref, de sonder uniquement les clients potentiels pour orienter son développement est très risqué puisque de multiples facteurs peuvent par la suite intervenir dans leur décision d’achats de voyage et de plus, sur de nouveaux produits ou concepts touristiques, les gens éprouvent des difficultés à porter un jugement réaliste et valable sur ce qu’ils ne connaissent pas. Observer le comportement réel et la satisfaction des touristes lorsqu’ils sélectionnent leur voyage et durant leur voyage au Québec devrait être l’essentiel de notre recherche sur nos clientèles. Pour le développement pur, utilisons notre jugement, nos expériences, le gros bon sens et notre instinct.

Rédigé par Jean-Michel Perron, conseiller en tourisme.

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