Ministre recherché : tentative d’un portrait-robot

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Les lendemains d’une élection générale amènent son lot de changements dans la structure de l’État, de jeux de chaises musicales dans les hautes sphères de la fonction publique et des mouvements au niveau sous-ministériel. M. Couillard annoncera d’ici une dizaine de jours la structure de son gouvernement et le nombre de limousines ministérielles. Qui sera invité à siéger à la table ronde du gouvernement libéral? Les noms circulent avec autant de supputations. Qu’en sera-t-il pour le Tourisme?

Un jeu d’équilibriste

D’ici deux semaines, le nouveau premier ministre du Québec, M. Philippe Couillard, dévoilera la structure de son gouvernement. Les ministères et leurs titulaires seront alors connus. Le défi pour M. Couillard est d’une grande complexité, c’est à ce moment qu’on saura si ses talents de neurochirurgien lui auront été bénéfiques pour une opération si délicate.

Il devra prendre en considération une multitude de facteurs; Une forme d’équilibre femme/homme au sein de son cabinet alors que les élues sont en moins grand nombre. La représentation régionale sera aussi un enjeu très stratégique. Il devra arbitrer les attentes de ses candidats vedettes et celles de ses vétérans, tout en ne négligeant pas la nécessité de faire de la place à du sang neuf. Le tout après avoir scruté à la loupe le passé de tout un chacun, afin de prémunir son gouvernement contre les risques de dérapages suite aux témoignages à la Commission Charbonneau et des enquêtes de l’UPAC. Et enfin, la composition de son cabinet doit être en cohérence avec ses engagements lors de la campagne.

Le tourisme un vecteur de développement économique

En 2005, le Parti libéral du Québec créa, pour être plus précis recréa, un ministère dédié au tourisme avec comme première titulaire, Mme Françoise Gauthier. Au retour du Parti Québécois en septembre 2012, le ministère des Finances, le ministère du Tourisme et les fonctions de développement économique du ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation étaient regroupés pour former le ministère des Finances et de l’Économie (MFE). Tourisme Québec est, du moins pour l’instant, toujours sous la responsabilité du MFE.

Il y a plusieurs éléments qui peuvent être considérés quand on tente de prédire la place qu’occupera le tourisme au sein de la future structure gouvernementale de M. Couillard.

  • Le PLQ a fait élire 70 députés, donc M. Couillard a le choix, mais le revers de la médaille c’est que les attentes seront très élevées chez sa députation. Cette situation pourrait théoriquement favoriser le retour du tourisme sous le giron d’un ministère dédié uniquement à cette industrie.
     
  • Toutefois, il y a l’engagement du PLQ de geler les dépenses pendant 5 ans de tous les ministères (sauf santé et éducation). Le retour d’un ministère du Tourisme pourrait être perçu par la population comme étant en contradiction avec cet engagement.
     
  • Et enfin, il y a la qualité du trio économique du PLQ; Carlos Leitao, Martin Coiteux et Jacques Daoust. Comment satisfaire ces trois candidats vedettes? La rumeur la plus persistante consisterait à scinder le MFE en deux, avec d’un côté le ministère des Finances et de l’autre celui du développement économique. Si à cela on ajoute l’engagement du PLQ de nommer un ministre délégué aux PME, les vedettes économiques de M. Couillard devraient trouver chaussure à leurs pieds.


Pour toutes ces raisons, il est tout à fait plausible que le tourisme se retrouve sous la responsabilité du ministre au Développement économique. Dans ce cas, Jacques Daoust qui a été PDG d’Investissement Québec serait un bon choix. Il connait les PME et leurs défis de financement. Il devrait pouvoir s’ajuster aux réalités des PPE de l’industrie touristique et des régions qui représentent plus de 90% des 29 500 entreprises touristiques.

De plus, ceux qui ont assisté aux Assises touristiques de l’année passée (mai 2013) doivent sûrement se rappeler l’excellente prestation de M. Daoust lors de son discours sur l’économie mondiale et ses impacts ou opportunités pour l’industrie touristique du Québec.

Un(e) ministre délégué(e)

Malgré l’importance de l’industrie touristique 12,4 milliards de recettes, et 10,7% de l’emploi québécois (AQIT février 2014), dans le contexte actuel il est donc très probable que le tourisme ne retrouve pas son ministère et que Tourisme Québec (TQ) relève d’un(e) ministre délégué(e) au Tourisme sous l’égide d’un ministère économique.

En théorie, il y a une distinction entre les responsabilités d’un ministre et celles d’un ministre délégué. Dans le cas du Tourisme, ministre en titre ou ministre délégué bien qu’il n’ait pas les mêmes responsabilités, leurs rôles sont quasiment identiques en réalité. Car le Tourisme occupe si peu de place dans les priorités gouvernementales, en regard du budget qui y est consacré, que dans les deux cas la capacité de persuasion du titulaire au tourisme auprès de ses collègues est son principal défi quand il s’agit de priorité budgétaire ou même de situer le tourisme comme un enjeu de développement économique prioritaire. La taille d’un budget et les moyens accordés à un ministère sont intimement liés à l’importance qu’un gouvernement accorde à un secteur.

Changement à Tourisme Québec

Avant d’aborder les principales qualités d’un futur ministre délégué au tourisme, je profite de cette mise en contexte sur la future structure du gouvernement Couillard pour faire part de mon scepticisme sur les changements de l’organigramme de Tourisme Québec. Vous avez sûrement lu dans le TourismExpress de mercredi l’annonce de ceux-ci.

Je ne saisis pas pourquoi la sous-ministre de Tourisme Québec a fait ce type de changement le lendemain des élections et à la veille de l’annonce du premier ministre sur la future structure de son gouvernement et sur le nouveau Conseil des ministres. Est-ce par souci d’efficacité? Si c’est le cas pourquoi à ce moment-ci? Est-ce un leg prématuré? Est-ce une stratégie pour tenter « d’imposer » un organigramme au futur titulaire du tourisme? Franchement, je ne comprends pas, d’autant plus que tout peut être chamboulé dans les prochains jours, semaines ou mois. Mon commentaire ne remet nullement en question les compétences de ceux qui occupent des postes clés, mais plutôt l’incongruité et le « timing » de l’annonce.

Portrait-robot

Nous avons chacun d’entre nous une idée plus ou moins précise des principaux traits qui devraient caractériser l’élu(e) qui sera à la barre du tourisme.

On jase là! Imaginez-vous attablé en train de piquer une jasette sur la ou le candidat idéal. Allez! Ne venez pas me dire que vous n’avez pas déjà échangé avec un collègue de longue date sur le sujet. « Moi je verrais bien une députée de telle ou telle région. À moins que soit un tel qui a déjà fait ceci ou cela. » Avouer nous l’avons tous fait. Eh bien! Moi je m’expose en l’écrivant et en vous laissant juger. Qui sait cela alimentera peut-être vos discussions sur l’heure du lunch ou en fin de journée…lors d’un 5à7.

Je me lance!

  • Femme ou homme, aucune distinction à faire, c’est la compétence qui prime;
  • Posséder une grande capacité pour comprendre rapidement la dynamique, les enjeux et les particularités de notre industrie tout en saisissant les nuances et spécificités des régions;
  • Avoir une bonne capacité de persuasion auprès de ses collègues du Conseil des ministres sur les enjeux de l’industrie touristique;
  • Être familier avec les défis et les enjeux des PPE dans une industrie comme celle du tourisme;
  • Avoir une solide compréhension des réalités et particularités des petites comme des grandes régions;
  • Avoir de la vision, tout en sachant dégager les priorités. Il y a parfois tout un monde entre voir loin et voir clair;
  • Plus de transparence svp. entre autres, dans les communications entre TQ et l’industrie;
  • Être habileté à évoluer dans un environnement qui demande beaucoup de concertation entre les nombreux acteurs touristiques, les différents paliers (incluant le fédéral) et la dizaine de ministères qui gravitent autour du tourisme;
  • Idéalement avoir une connaissance de l’appareil gouvernemental et savoir évoluer dans l’environnement politique;
  • Avoir ou non de l’expérience ministérielle, je ne suis pas sûr qu’il existe une bonne réponse. L’expérience ministérielle n’est pas toujours un gage de…qualité. Tous les acteurs touristiques qui ont une couple d’années d’expérience le confirmeront. Toutefois, le manque d’expérience peut aussi nuire. De plus, dans bien des cas le tourisme est le club-école vers d’autres responsabilités ministérielles supposément plus importantes. En résumé, je crois que c’est plus une question d’aptitude et d’attitude.


Allez-y avec de vos commentaires. Ensemble nous réussirons peut-être à avoir un portrait-robot plus précis de l’élu(e) qui aura la responsabilité de l’industrie touristique pour les prochaines années.

Des candidats potentiels

Comme mentionné précédemment, M. Couillard a le choix parmi 70 élu(e)s, voici quelques noms qui pourraient se retrouver sur sa liste. (Par ordre alphabétique)

Lucie Charlebois Circonscription de Soulanges (à l’ouest de Montréal)

  • Députée depuis 2003
  • Porte-parole de l’opposition officielle en matière de tourisme de septembre 2012 au mars 2014;
  • Membre du Comité ministériel du développement des régions et de l’occupation du territoire de février 2011 à septembre 2012;
  • Membre de la Commission de la culture de mai 2007 à juin 2008.


Jean D’Amour Circonscription de Rivière-du-Loup-Témiscouata

  • Député depuis 2009
  • Porte-parole de l’opposition officielle pour la Stratégie maritime et le Plan Nord de février à mars 2014;
  • Porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement économique régional, du Plan Nord et des mines de septembre 2013 à février 2014;
  • Président national du PLQ (2008-2009);
  • Maire de Rivière-du-Loup (1999-2007);
  • Attaché politique (1988-1994);
  • Journaliste et animateur à la radio et à la télévision (1984-1988).


André Drolet Circonscription de Jean-Lesage (Québec)

  • Député depuis 2008
  • Porte-parole de l’opposition officielle pour les PME et en matière d’allègement réglementaire de février à mars 2014;
  • Porte-parole de l’opposition officielle pour les PME de septembre 2012 à février 2014;
  • Porte-parole de l’opposition officielle en matière d’entrepreneuriat de septembre 2012 à février 2014 pour les PME;
  • Adjoint parlementaire à la ministre du Tourisme (Nicole Ménard) de septembre 2010 à août 2012;
  • Copropriétaire : Centre de golf de l’étang (1990-2007); Brasserie la Bulle (1990-1992); Restaurant Chez Ashton (1987-2007).
  • Président du Carnaval de Québec (1993).


David Heurtel Circonscription de Viau (île de Montréal)

  • Député depuis 2013
  • PDG du Parc Olympique de juillet 2011 à novembre 2013;
  • Groupe Juste pour rire où il a occupé diverses fonctions : Vice-président aux affaires publiques et corporatives (2009-2011); Directeur des ventes internationales-télévision (2003-2004); Directeur des Affaires gouvernementales (1999-2000).
  • Administrateur du Musée du Château Dufresne et à la Société des célébrations du 375e de Montréal;
  • Membre du Comité Rozon (2010-2011);
  • Directeur adjoint du Seattle Center, un parc d’attractions de janvier 2005 à octobre 2007;
  • Attaché politique du premier ministre Bernard Landry (2001);
  • Secrétaire général du SÉMIQ (2000-2001);
  • Avocat au sein du cabinet Lavery, de Billy (1994-1998).


Nicole Ménard Circonscription de Laporte (Rive-Sud de Montréal) 
Note : J’ai ajouté le nom de Mme Ménard par principe, tout en sachant que rarement un ministre occupe deux fois le même poste.

  • Députée depuis 2007
  • Ministre du Tourisme de décembre 2008 à septembre 2012;
  • Membre du comité ministériel du développement des régions et de l’occupation du territoire de janvier 2009 à août 2010;
  • Adjointe parlementaire au ministre du Développement économique de l’Innovation et de l’Exportation et ministre du Tourisme d’avril 2007 à novembre 2008;
  • Vice-présidente de la BMO Banque de Montréal (1995-2007).


Filomena Rotiroti Circonscription de Jeanne-Mance-Viger (île de Montréal)

  • Députée depuis 2008
  • Membre de la Commission de l’aménagement du territoire de février 2011 à août 2012;
  • Adjointe parlementaire à la ministre du Tourisme (Nicole Ménard) de janvier 2009 à septembre 2010;
  • Membre de la Commission de la culture de janvier 2009 à septembre 2009.


Caroline Simard Circonscription de Charlevoix-Côte-de-Beaupré (photo non disponible)

  • Nouvellement élue
  • Fondatrice de Doxa Focus et consultante principale en recherche marketing, rédactrice-réviseure (depuis 2006);
  • Chargée de projets en recherche marketing chez Cossette Communication-Marketing de mars 2001 à décembre 2005;
  • Analyste-pigiste en recherche marketing chez Léger Marketing (2000-2001).


Rédigé par Louis Rome

Crédit photo : Assemblée nationale du Québec

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