Longtemps centré sur la réduction des impacts, le tourisme durable évolue vers une approche plus ambitieuse : le tourisme régénératif. Cette tendance, de plus en plus présente dans les analyses sectorielles et les publications internationales, propose un changement de paradigme clair : ne plus seulement préserver, mais améliorer activement les écosystèmes et les communautés locales.
Des analyses récentes, notamment dans Forbes, confirment un virage : le tourisme régénératif s’impose progressivement comme la prochaine étape du développement touristique. Hector De Castron de Regenera Luxury - première et principale norme mondiale du luxe régénératif - y évoque un changement de paradigme — du “moins impacter” au “contribuer activement”.
Du durable au régénératif : un changement de posture
Le tourisme durable vise à limiter les impacts négatifs : réduction de l’empreinte carbone, gestion des flux, protection des milieux naturels.
Le tourisme régénératif va plus loin. Il cherche à :
- restaurer les écosystèmes dégradés
- renforcer la biodiversité
- générer des retombées positives pour les communautés locales
Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de “faire moins de mal”, mais de laisser les lieux dans un meilleur état qu’avant la visite. Le tourisme devient un levier de contribution plutôt qu’une simple activité économique.
Pour les acteurs touristiques
Adopter une approche régénérative ne signifie pas tout transformer, mais intégrer progressivement de nouveaux principes dans le développement de l’offre.
Trois leviers se dégagent :
1. Intégrer la restauration dans l’expérience
Certaines initiatives permettent aux visiteurs de contribuer directement :
- participation à des projets de reboisement
- implication dans la protection des habitats
- programmes de sensibilisation actifs
- Corvée de nettoyage
L’expérience touristique devient ainsi participative et contributive.
2. Renforcer les liens avec les communautés locales
Le tourisme régénératif valorise les savoir-faire, les acteurs locaux et les dynamiques territoriales.
Cela se traduit par :
- une plus grande intégration des entreprises locales
- des retombées économiques mieux réparties
- une co-construction des projets avec les communautés
3. Repenser les indicateurs de performance
Au-delà de l’achalandage et des revenus, de nouveaux indicateurs émergent :
- état des écosystèmes
- qualité de l’expérience
- impacts sociaux et territoriaux
Le succès se mesure désormais aussi en termes de bénéfices durables pour le territoire.
Avec ses vastes espaces naturels, ses réseaux de plein air et ses régions en quête de diversification économique, le Québec est particulièrement bien positionné pour intégrer ces approches.
Crédit photo : https://sustainabletourismandresponsibletravel.com/
Tourisme et Plein Air