Le processus de vente de l’hôtel Château Montebello n’a pas encore été officiellement lancé. Or, TourismExpress a appris que plusieurs dizaines d’entreprises et investisseurs (en fait, quasi autant que les 96 bougies que soufflera le vénérable hôtel en juillet prochain) auraient signalé un intérêt à l’égard du dossier.
C’est ce que nous indique David Connors, vice-président régional de l'Est du Canada, pour le groupe Fairmont Hotels & Resorts.
La firme comptable PriceWaterhouseCoopers (PwC), qui, depuis novembre dernier, a repris le contrôle du Château Montebello suite à la faillite de son principal actionnaire Millenium Golden Jiachem Hotel Holdings, n’a pas voulu confirmer cette information. Philippe Jordan, responsable des transactions à PwC nous indique toutefois que le processus de vente devrait être enclenché d’ici quelques semaines.
Des Québécois sur la liste des intéressés
En attendant, TourismExpress a obtenu la confirmation de certains investisseurs québécois intéressés par le produit, dont Luc Poirier. « Habituellement, ce n’est pas le type d’actif que je recherche, mais dans ce cas-ci, je devrais faire une offre », nous a répondu l’investisseur par courriel.
Vincent Chiara, président du Groupe Mach, nous a mentionné que son entreprise pourrait avoir un intérêt. « Nous étudions actuellement le dossier », a partagé le gestionnaire immobilier qui dispose déjà d’un portefeuille de plus de 250 propriétés commerciales, dont l’hôtel Intercontinental, à Montréal.
Certaines sources nous indiquent que plusieurs autres investisseurs québécois, y compris des entreprises de l’Outaouais, suivent le dossier de la vente de très près.
Combien vaut le Château Montebello ?
En novembre dernier, le Journal de Montréal soutenait que des documents de PwC – qui agit dans ce dossier à titre de séquestre de faillite – faisaient état de dettes impayées d’au moins 64 millions de dollars, dont 10,8 M$ de créances garanties à la Caisse Desjardins de Brossard et 2,3 M$ à ses employés.
De l’avis du courtier immobilier Daniel Bouchard, propriétaire et dirigeant de l’agence Hôtel Boulevard, il serait étonnant que le Château Montebello soit vendu à ce prix. « Bien que ce complexe hôtelier présente de belles occasions de développement, il s’agit d’un actif qui prend de l’âge et dont les multiples structures en bois rond exigent un entretien particulier. Pour ces raisons, son prix de vente devrait osciller entre 35 M$ et 40 M$ », estime cet expert qui, depuis plus de 35 ans, supervise la vente d’une quinzaine d’hôtels au Québec par année.
D’ailleurs, au dernier rôle d’évaluation de la municipalité de Montebello, le complexe hôtelier de 211 chambres, qui comprend un spa, une piscine intérieure, des glaces de curling, un parcours de golf de 18 trous, et des terrains pour du développement, était évalué à un peu plus de 27 M$.
En fait, croit le courtier Bouchard, ce n’est pas tant l’argent qui sera le véritable enjeu dans cette transaction, car de l’argent, dit-il, ça se trouve. « Ce qui fera vraiment la différence, ce sera la vision de l’acheteur ou de l’acheteuse pour transposer ce complexe historique à l’ère de 2026. Un complexe qui nécessitera une transition majeure », soutient cet expert.
Un complexe hôtelier qui présente d’énormes potentiels
Et du potentiel de développement immobilier, le Château Montebello en a. Et même beaucoup. En entrevue avec TourismExpress, le maire de Montebello, Martin Deschênes, a fait savoir que le complexe, réparti sur près de 400 acres en bordure de la rivière Outaouais, dispose de deux zones de villégiature avec de grandes possibilités de développement.
« Les terrains qui entourent la zone du parcours de golf pourraient aisément accueillir de 50 à 75 maisons de prestige », dit-il. Quant au terrain qui voisine le complexe hôtelier, son zonage permettrait un important agrandissement de l’hôtel. « Ce sont deux secteurs qui pourraient aisément bénéficier d’un investissement majeur de plus de 100 M$ chacun », soutient le maire Deschênes.
Quoi qu’il en soit, le chef de la municipalité se dit très enthousiasme par la situation qui permettra au Château Montebello d’avoir un tout nouveau propriétaire. « Un nouveau propriétaire qui pourra injecter l’argent nécessaire afin de préparer le complexe hôtelier pour son 100e anniversaire en 2030 », indique-t-il.
Enfin, soulignons que les activités d’accueil et d’hébergement du Fairmont Château Montebello se poursuivent comme à l’habitude, assure le vice-président de Fairmont pour l’est du Canada, David Connors. D’ailleurs, ce dernier vient de nommer David Candillon à titre de nouveau directeur général du complexe hôtelier. Le gestionnaire occupait jusqu’à tout récemment le poste de directeur Hôtel Fairmont Reine-Elizabeth, à Montréal.

Journaliste et collaboratrice