L’Association hôtellerie du Québec (AHQ), l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ) et l’Association hôtelière du Grand Montréal (AHGM) expriment leur déception face à l’annonce du gouvernement du Québec de limiter à 45 000 le nombre d’immigrants permanents accueillis annuellement à partir de 2026.
La cible dévoilée dans le cadre de la planification de l’immigration 2026-2029 ne tient pas en compte les besoins criants de main-d’œuvre dans l’industrie hôtelière et touristique, particulièrement en région, des industries déjà fragilisées par les restrictions au Programme des travailleurs étrangers temporaires (TET).
Les trois associations avaient déposé un mémoire conjoint et témoigné devant la Commission des relations avec les citoyens, appelant à une planification ambitieuse et adaptée aux réalités du terrain. Le resserrement des paramètres du Programme TET, notamment la réduction de la durée des permis et la limite de 10 % des embauches, ainsi que ce nouveau seuil d’immigration, empêchent les établissements hôteliers de pourvoir des postes essentiels à leur fonctionnement. Ces mesures continueront d’entraîner des fermetures, des pertes de revenus, une baisse de la qualité des services en plus de mettre une pression accrue sur les équipes.
Les associations rappellent que des solutions concrètes ont été proposées : renouvellement accéléré des permis des TET déjà présents, hausse du plafond d’embauche pour les postes critiques, assouplissement des règles de chômage pour le secteur touristique, en plus de l’ajout du secteur hôtelier aux exceptions de la suspension des demandes d’Étude d’impact sur le marché du travail (EIMT). Malheureusement, bien que ces pistes aient été entendues, elles n’ont pas été retenues, ce qui est pour le moins décevant pour un secteur qui contribue directement à la vitalité économique et à l’attractivité du Québec.
Les associations demandent au gouvernement de faire preuve de véritable leadership et de mieux considérer l’expertise des acteurs économiques avant de prendre des décisions qui compromettent la stabilité et le développement de secteurs névralgiques comme le tourisme et l’hôtellerie.
« Avec les restrictions toujours en place sur le Programme des travailleurs étrangers temporaires, ces limites vont accentuer les pénuries pour l’hôtellerie. Si c’était possible d’embaucher uniquement au Québec, les hôteliers le feraient. Mais des postes essentiels comme cuisinier et préposé à l’entretien ménager ne trouvent plus preneur chez les Québécois. Nous allons perdre plusieurs travailleurs qui sont déjà formés, intégrés, et indispensables à nos opérations, particulièrement en région. On fait mal à notre industrie et on fragilise l’économie régionale », affirme Véronyque Tremblay, présidente-directrice générale de l’AHQ.
« De toute évidence, les besoins de main-d'œuvre en ce qui concerne les travailleurs étrangers temporaires du secteur hôtelier de la région de Québec n'ont pas été pris en compte. Le secteur hôtelier assure le rayonnement du Québec à l'international et permet à nos villes d'accueillir de grands événements de tout genre, lesquels sont importants pour notre développement économique, entre autres. Nous aurions espéré qu'au minimum nos hôteliers puissent prolonger les permis des travailleurs étrangers temporaires déjà présents en sol canadien », souligne Alupa Clarke, directeur général de l'Association hôtelière de la région de Québec.
« À Montréal, la pression sur la main-d’œuvre demeure bien réelle, et il est essentiel que les hôteliers puissent au minimum renouveler les permis des employés déjà en poste. Dans une métropole qui accueille des millions de visiteurs chaque année, ces contraintes complexifient les opérations et risquent de freiner la compétitivité d’un secteur pourtant stratégique pour l’économie du Québec. Il est décevant de constater que, malgré les solutions concrètes présentées par notre industrie, elles n’aient pas été pleinement entendues ni prises en compte dans les décisions récentes », souligne Dominique Villeneuve, présidente-directrice générale de l’Association hôtelière du Grand Montréal.