De retour après un hiatus de quelques années, Paul Arseneault et Pierre Bellerose ont résumé les grandes tendances qui façonneront 2026 avec un plaisir évident devant plus de 200 personnes à L’espace Ax.c, inauguré en juin 2025 dans l’ancienne tour de la bourse de Montréal.
Présentée par le MT Lab, en collaboration avec Tourisme Montréal, la conférence a débuté par un saut dans le temps, à l’époque de « l’âge d’or du tourisme » – de 2015 à 2019, quand Montréal fracassait les records d’achalandage de l’Expo 67 et que la durabilité commençait à préoccuper les organisations et les ATR.

Un nouveau monde
La pandémie, mais aussi le virage vers la droite, observable un peu partout sur la planète, font partie des éléments qui ont, depuis, transformé notre vision du monde et entraîné un certain pessimisme. « Le réel est différent, a souligné Paul Arseneault. Il faut apprendre à naviguer dans un nouveau terrain de jeux ».
Selon Pierre Bellerose, « le tourisme est un révélateur de tout ce qui se passe dans la société ». Impossible d’ignorer l’actualité et ses multiples rebondissements. « On est à la recherche de safe space, poursuit M. Arseneault. Il y a un repli progressif des flux vers des destinations perçues comme stables et rassurantes. »
Néanmoins, la volonté de voyager reste indémodable, croit le tandem. « En 2024, on a dépassé le nombre de voyageurs, souligne Paul Arseneault. On a enregistré 5,2 milliards de touristes l’an dernier. C’est pas mal plus de monde que la population du Canada !
Voyager, c’est fondamental. On va sacrifier bien des choses avant d’arrêter. C’est un besoin universel sur tous les continents. Dès qu’arrive une classe moyenne, on veut voyager. »
Nouvelles motivations et choc des générations
Les raisons de voir du pays ont toutefois évoluées, constate le duo. Quête de sens et d’authenticité semblent aujourd’hui primer sur le simple désir d’aller faire la crêpe sur une plage. Notre rapport aux écrans a également entraîné une plus grande volonté de déconnexion. Le contact humain devient une valeur intrinsèque.
Après les nomades numériques, place aux « nomades globaux » ! Pas question pour ces derniers de rester entre eux : ils sont davantage tournés vers les autres que leurs prédécesseurs. « Ils recherchent des relations locales, observe Pierre Bellerose. Ils cherchent une certaine authenticité et une relation avec les citoyens. C’est différent des nomades numériques des années 2010. »
Si les trentenaires se tournent vers une « information fluide », à travers TikTok, YouTube et autres Reel Instagram, ils sont aussi atteints du syndrome FOMO (« Fear Of Missing Out »). La plus jeune génération, elle, ne consomme pas de médias traditionnels, affirme Paul Arseneault, qui a posé la question à ses étudiants. « Les influenceurs, c’est devenu un canal dominant », ajoute-t-il.
L’incontournable question de l’intelligence artificielle
Sujet de prédilection des conférenciers, l’intelligence artificielle a bien sûr fait partie des thématiques abordées. Selon Paul Arseneault, « les métiers du tourisme vont changer ».
IA agentique, contenus multimodaux, multimédias… Si le sujet continue de susciter bien des débats, l’intelligence artificielle ne devrait pas être rejetée en bloc, considèrent-ils. L’important selon eux est la transparence, pas de l’interdire.
Parmi les autres éléments effleurés au cours de ces deux heures riches en informations, mentionnons aussi l’immersif et la réalité augmentée, l’hyper-personnalisation (IA personnelle), le retour de la Chine au Canada et la sobriété, qui résulte de la saturation informationnelle.
À surveiller : la vidéo de la conférence et un document exhaustif... bientôt disponible sur TourismExpress !
Crédit photos: Marie-Julie Gagnon

Marie-Julie Gagnon, Collaboratrice TourismExpress et journaliste