Des affiches Nous embauchons à l’entrée. Des CV en attente qui n’arrivent jamais. Des quarts de travail qui s’éternisent faute de relève. En restauration et en hôtellerie, certains postes semblent condamnés à rester vacants. On les appelle, sans ironie : les postes fantômes.
Selon les dernières donnsées de l’industrie touristique québécoise, les emplois les plus difficiles à combler sont : cuisinier·ère, plongeur·euse, préposé·e à l’entretien ménager, serveur·euse, réceptionniste, superviseur·e et… valet. La majorité d’entre eux sont essentiels à l’expérience client. Ironique, non ? Les piliers du terrain sont aussi les plus désertés.
Non, ce n’est pas juste une pénurie
Trop facile de tout mettre sur le dos de la pénurie de main-d’œuvre. Le vrai problème, c’est que plusieurs de ces postes sont mal encadrés, mal payés, et mal considérés.
Prenons les cuisinier·ères : pression intense, horaires coupés, chaleur constante, peu de reconnaissance. On s’étonne ensuite que ces talents se recyclent dans d’autres secteurs plus stables. Même constat chez les superviseurs·es : on les promeut sans formation, on les surcharge, on attend d’eux qu’ils gèrent à la fois les clients, les conflits, les employés, les horaires… et le moral des troupes. Résultat ? Un essoufflement rapide, puis le vide.
La culture du “patchage” : une stratégie qui s’effrite
Dans plusieurs établissements, on gère l’absence d’employés comme un dégât d’eau : on écope. Les directeurs remplacent les superviseurs. Les superviseurs prennent les shifts des préposés. On accumule les heures supplémentaires comme des points bonus, sans plan durable.
Ce système temporaire devient permanent. Et on finit par normaliser l’anormal : « On fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. » Mais pendant ce temps, les employés restants s’épuisent, le climat se détériore, et l’entreprise perd non seulement des talents… mais aussi sa réputation.
Et si on remettait de la valeur dans ce qui compte ?
Remplir les postes vacants ne se fera pas avec des campagnes TikTok ou des slogans accrocheurs. Il faut :
Offrir une vraie reconnaissance aux postes dits “de terrain”
Créer des cheminements de carrière motivants
Former adéquatement les superviseurs, au lieu de les sacrifier à la gestion de crise
Revoir les horaires pour favoriser un équilibre sain
Parce qu’un poste vacant, ce n’est pas juste une case vide dans un organigramme. C’est souvent le signe d’un désengagement plus profond, d’une promesse non tenue ou d’un épuisement collectif. Tant qu’on continuera à colmater les brèches plutôt qu’à revoir la fondation, les fantômes risquent de se multiplier.
À force de chercher ceux qui manquent, on oublie qu’investir dans ceux qui restent, c’est déjà une partie de la solution.
Et oui, j’utilise ChatGPT pour synthétiser mes idées… sinon mes chroniques feraient dix pages!