Une étude réalisée par Camping Québec et Raymond Chabot Grant Thornton met en lumière les impacts croissants des changements climatiques sur les terrains de camping du Québec. Cette étude révèle une réalité désormais incontournable pour les exploitants : les événements climatiques extrêmes ne sont plus exceptionnels, mais s’inscrivent dans le quotidien de gestion des campings.
Ces phénomènes ont des répercussions directes sur les opérations, les infrastructures, la rentabilité et dans certains cas la sécurité des terrains de camping. Pilier du tourisme régional et de l’accès aux vacances au Québec, le secteur du camping subit une pression croissante qui appelle à une adaptation structurée et concertée.
Des impacts déjà bien présents et en progression
Selon l’étude, 79 % des exploitants affirment subir des impacts liés au climat et que ceux-ci gagnent en intensité et en fréquence. Les phénomènes les plus fréquemment rapportés incluent notamment les interdictions de feu, les fortes pluies et inondations, les tempêtes et vents violents, ainsi que les épisodes de chaleur extrême. Ces événements entraînent des conséquences concrètes :
- La dégradation des infrastructures et réparation des dommages,
- L’augmentation des annulations
- La baisse de fréquentation
- La réduction temporaire de l’offre
- La difficulté à livrer les services promis
Cinq chantiers pour renforcer la résilience du camping au Québec
Afin de répondre à l’ampleur des risques, l’étude propose une approche structurée autour de cinq chantiers prioritaires :
- Sensibilisation et formation
- Gestion des risques
- Adaptation des infrastructures
- Vigie financière
- Adaptation de l’offre
Si 60 % des exploitants se disent prêts à investir et à s’adapter, l’étude souligne que l’adaptation ne peut toutefois reposer uniquement sur leurs épaules. Elle nécessite la mise à disposition d’outils concrets et d’un accompagnement adéquat, de même que des programmes d’aide et de financement mieux adaptés aux travaux d’adaptation, notamment en matière de prévention, d’infrastructures essentielles et de résilience des sites. Une coordination renforcée avec les instances locales sera importante, par exemple pour les protocoles d’intervention, les communications et l’accès à l’information.
« Le secteur du camping est un pilier de l’industrie touristique québécoise : un Québécois sur quatre pratique le camping, ce qui en fait une activité profondément ancrée dans nos habitudes de vacances. Les changements climatiques complexifient la gestion des campings et accentuent la nécessité de structurer et de prioriser les actions à poser. Cette étude offre aux exploitants des pistes d’action concrètes pour renforcer la résilience de leur entreprise. En tant qu’association, Camping Québec s’engage à travailler sur les chantiers identifiés, à mobiliser des partenaires et à soutenir ses membres en ce qui a trait à l’accès aux ressources techniques, financières et opérationnelles nécessaires. C’est en travaillant ensemble que nous assurerons un développement durable et pérenne du camping au Québec, au bénéfice des régions, des entreprises et des campeurs. » Julie Trahan, Directrice générale, Camping Québec
Cette étude a été produite dans le cadre du projet Prêt-à-camper résilient et accessible. Ce projet est soutenu financièrement par le gouvernement du Québec dans le cadre de Destination durable et action concertée, une mesure de soutien coordonnée par le Fonds d’action québécois pour le développement durable (FAQDD) découlant du Plan pour une économie verte 2030 et du Plan d’action pour un tourisme responsable et durable 2020-2025.