Le Sommet Imaginez le plein air, tenu à Montréal le 25 novembre dernier, a réuni 162 personnes des milieux du loisir, de la santé, de l’éducation et du tourisme pour réfléchir à une vision commune du plein air québécois d’ici 2035. Une salle pleine, beaucoup d’énergie, et une conviction partagée : notre plein air est exceptionnel, mais encore vulnérable. Et il n’occupe toujours pas la place stratégique qu’il mérite.
« Le territoire, c’est notre ADN, notre identité. »
D’entrée de jeu, une vision est présentée aux participants : Pour 2035, le plein air devient un droit collectif accessible à tous, un levier de santé et de cohésion sociale, et un moteur de richesse économique et environnementale. Intégré aux milieux de vie, il fait partie du quotidien et contribue au bien-être de l’ensemble de la population.
Plusieurs thèmes sont proposés : universalité, santé et bien être, proximité, inclusion et diversité, développement durable, croissance, adaptation.

Toute la journée, quatre constats traversent les ateliers:
On n’atteint pas encore toute la diversité des publics.
Les initiatives se multiplient et la pratique augmente, mais elles rejoignent encore surtout les adeptes déjà convaincus. Ce qui manque, ce n’est pas la volonté. C’est la proximité, et une vraie culture du plein air intégrée aux écoles, aux municipalités, aux milieux communautaires et aux lieux fréquentés par les visiteurs.
Les efforts sont nombreux, mais encore dispersés.
Écoles, camps, parcs, fédérations, municipalités, acteurs du loisir, du tourisme, de l’environnement, producteurs d’expériences nature : chacun avance avec ses forces, mais rarement en cadence. Le Sommet a mis en lumière un besoin clair : mieux relier ces univers, partager plus systématiquement ce qu’on sait et ce qu’on fait, et apprendre à porter certains messages d’une seule voix.
Les ressources humaines portent le plein air… mais à bout de bras.
Salariés, bénévoles, encadrants : sans eux, le plein air n’existerait pas. Leur engagement est solide, souvent passionné, mais la reconnaissance et la relève ne suivent pas toujours. Si on veut un plein air structurant en 2035, c’est ici qu’il faudra investir.
Entre développer et protéger, l’équilibre reste délicat.
Certaines régions doivent créer de nouveaux sites; d’autres doivent d’abord consolider. Le territoire est vaste, mais pas infini. Et il change vite. La cohabitation avec d’autres usages du territoire complexifie aussi le développement. La réponse ne peut donc pas être uniforme : elle doit tenir compte des réalités locales, des usages et des capacités propres à chaque milieu.
Synchroniser nos forces pour atteindre la vision 2035
Au fond, le Sommet a révélé quelque chose de simple, mais essentiel : le plein air québécois repose sur des humains, sur un territoire riche, et sur une diversité d’initiatives qui gagneraient à mieux se synchroniser. La journée n’a pas réglé tous les enjeux. Elle a plutôt tracé un premier chemin – celui d’une vision partagée, ancrée dans le réel et attentive aux forces qui font vivre nos milieux naturels.
Si on réussit cette synchronisation, le plein air cessera d’être perçu comme un simple « plus » dans nos politiques publiques. Il deviendra ce qu’il peut réellement être : un pilier de santé publique, de cohésion territoriale, de richesse touristique et de développement durable pour les générations à venir.
Chapeau bas à la coalition d’organismes derrière l’organisation de ce Sommet.

Denis Brochu
Conseiller stratégique Bro conseil – tourisme et territoire