Le Parc Jean-Drapeau ne se limite pas à sa programmation événementielle. Selon les données de fréquentation de la Société du parc Jean-Drapeau, le site accueille près de 10 millions de visiteurs annuellement, que ce soit pour des activités récréatives, des événements culturels ou des rendez-vous sportifs d’envergure. Deuxième article d’une série découlant d’une entrevue réalisée avec la PDG de la Société du parc Jean-Drapeau, Véronique Doucet.
Un site d’expérimentation pour les industries créatives
Montréal se positionne depuis plusieurs années comme pôle des industries créatives et culturelles. Dans ce contexte, la direction du parc souhaite renforcer le rôle du site comme terrain d’expérimentation.
Cela pourrait se traduire par :
- Des installations immersives temporaires
- Des prototypes d’expériences culturelles hybrides
- Des événements intégrant des standards environnementaux plus élevés
- Une programmation accrue en soirée
La Société participe d’ailleurs à des réflexions stratégiques avec Tourisme Montréal, le Parc Olympique et le Quartier des Spectacles sur les orientations du développement touristique métropolitain. Le parc est envisagé comme un des leviers de cette stratégie, notamment en raison de sa capacité d’accueil et de sa polyvalence.
Sport et santé publique
Pour les quelque 4 millions de résidents du Grand Montréal et de la Rive-Sud, le parc agit à la fois comme espace vert, terrain d’activités et lieu de rassemblement. Sa position insulaire, au cœur du fleuve, en fait un équipement métropolitain distinct des autres parcs urbains.
Le parc dispose d’infrastructures sportives majeures, dont le circuit Gilles-Villeneuve et plusieurs installations nautiques et récréatives.
Au-delà des grands événements, la direction affirme vouloir renforcer l’accessibilité aux activités sportives pour le grand public. L’enjeu dépasse la performance : il s’inscrit dans les préoccupations contemporaines liées à la santé publique, au bien-être mental et aux habitudes de vie actives.
Dans un contexte où les municipalités sont appelées à jouer un rôle accru en prévention, le parc pourrait constituer un outil structurant. Reste à définir comment cette orientation se traduira concrètement en termes d’aménagement et de programmation.
Vers une mesure des impacts sociaux
Au-delà des retombées économiques traditionnelles, la Société souhaite développer des indicateurs permettant d’évaluer :
- Les impacts sur la santé et le bien-être
- Les retombées sociales et communautaires
- L’empreinte environnementale
- La valeur créée pour la collectivité
Une telle démarche s’inscrirait dans une tendance plus large observée dans les grandes institutions culturelles et sportives, où la notion d’impact sociétal prend de plus en plus d’importance.

Crédit-photo : Myriam Baril Tessier
Des retombées économiques significatives
Avec ses grands événements — notamment les activités de La Ronde et le Canadian Grand Prix — le parc génère des retombées importantes pour l’hôtellerie, la restauration, le transport et l’économie touristique montréalaise.
Sa contribution dépasse toutefois le cadre strictement événementiel. Par sa capacité d’accueil, son emplacement stratégique et la diversité de ses usages, le Parc Jean-Drapeau constitue un actif structurant dans l’attractivité globale de Montréal. Il agit à la fois comme infrastructure récréative, scène culturelle et espace public métropolitain.
L’enjeu des prochaines années sera de concilier ces différentes fonctions — économique, sociale et environnementale — dans un modèle équilibré et durable.
À venir prochainement dans TourismExpress : une analyse comparative du rôle des grands parcs urbains à l’échelle internationale.
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Crédit-photo haut de page : Osheaga
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