Le parc Jean-Drapeau à un moment charnière, par Julie Tardif

4 min de lecture

Publié le 24/02/26 - Mis à jour le 25/03/26

Parc Jean Drapeau à un nouveau tournant pour les 50 prochaines années

À travers son histoire, le Parc Jean-Drapeau a connu plusieurs moments fondateurs. Territoire autochtone, centre d’approvisionnement militaire, vitrine internationale, scène culturelle et sportive, poumon vert métropolitain : chaque époque a laissé son empreinte. Quel sera le prochain chapitre de ce lieu emblématique ? Premier article d’une série découlant d’une entrevue réalisée avec la Directrice générale de la Société du parc Jean-Drapeau, Véronique Doucet.

Aujourd’hui, selon Madame Doucet, le parc se trouve à un nouveau tournant. Ses trois piliers stratégiques — sport, nature et culture — demeurent pertinents. Mais ils doivent être réarticulés pour les 50 prochaines années. L’enjeu n’est plus d’additionner ces fonctions, mais de les inscrire dans une vision cohérente.

Le parc Jean-Drapeau n’est pas qu’un parc urbain. C’est un archipel au cœur du fleuve Saint-Laurent, un territoire insulaire unique en Amérique du Nord, situé au centre d’une métropole de 4 millions d’habitants. Un parc fluvial offrant un panorama exceptionnel sur la ville. Un lieu qui doit désormais se donner les moyens de ses ambitions.

Chantier no 1 : renouveler les infrastructures

Plusieurs infrastructures arrivent à maturité. Certaines datent d’Expo 67. D’autres ont été conçues à une époque où les exigences climatiques, énergétiques et sociales étaient bien différentes.

Le prochain cycle d’investissements devra :

  • Moderniser les installations sportives et événementielles
  • Développer un mix d’infrastructures permanentes facilitant les montages et démontages
  • Ajouter des composantes modulables pour répondre aux besoins variables des événements
  • Adapter les bâtiments aux standards environnementaux contemporains
  • Intégrer la résilience climatique dans chaque intervention

L’objectif : améliorer l’efficacité opérationnelle tout en augmentant la capacité d’accueil et la rentabilité des promoteurs, sans compromettre la flexibilité du site. Un appel d’offres design est d’ailleurs en cours pour l’aménagement des gradins, illustrant concrètement cette volonté de renouvellement.

Chantier no 2 : La mobilité au cœur de l’expérience

L’expérience visiteur ne commence plus à l’entrée du parc. Elle débute au moment où l’on planifie son déplacement et l’immersion s’amorce dès la traversée.

La navette fluviale en est un exemple frappant : 36 000 déplacements l’été dernier. Devant ce succès, de nouvelles navettes seront ajoutées.

Une réorganisation du territoire est également en cours afin d’améliorer la cohabitation des usages. Les pôles de stationnement et d’approvisionnement seront repositionnés en périphérie pour limiter la circulation interne sur les îles — une mesure qui réjouira les 350 000 cyclistes et les milliers de piétons qui fréquentent les sentiers chaque année.

La mobilité devient ainsi un levier stratégique :

  • Navettes fluviales et électriques
  • Transport collectif optimisé
  • Micromobilité (vélo, trottinettes)
  • Aménagements favorisant le transport actif
  • Parcours fluides connectant les différentes zones

L’objectif : réduire la pression automobile tout en améliorant l’accessibilité. Dans un parc insulaire, chaque déplacement est une traversée. Cette traversée doit devenir une expérience en soi.

Un nouvel élan pour les 50 prochaines années

Après avoir été vitrine internationale, scène culturelle et terrain de jeux métropolitain, le parc Jean-Drapeau peut désormais assumer un rôle encore plus structurant : devenir le lieu où Montréal rencontre son fleuve.

Le Plan directeur 2030, actuellement en phase de réalisation, aura traversé deux approches politiques distinctes. «Sous l’administration Plante, l’accent était mis sur la nature et la transition écologique. Sous la nouvelle mairesse Martinez, le parc est également envisagé comme vecteur de rayonnement et d’impact économique», souligne Véronique Doucet, Directrice générale de la Société du Parc Jean-Drapeau.

Malgré ces nuances, le plan directeur demeure stable dans ses orientations. Il cherche un équilibre entre excellence environnementale et vitalité économique.

De nouveaux partenaires stratégiques, dont le Groupe Germain, viendront enrichir cet écosystème et contribuer à positionner le parc comme une destination vacances pour les Montréalais et les visiteurs. Le moment est charnière. Les décisions prises aujourd’hui façonneront le parc des prochaines décennies. 

À lire prochainement dans TourismExpress, un article portant sur les retombées envisagées pour la Société.

 

Crédit photo : La Société du parc Jean-Drapeau

Julie Tardif Consultante en développement et commercialisation Tourisme et Plein Air
Julie Tardif        Consultante en       développement et commercialisation
Tourisme et Plein Air 

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