L’annulation de la saison de ski du Massif de Charlevoix coûte cher aux hôteliers, par Claudine hébert

4 min de lecture

Publié le 20/01/26 - Mis à jour le 20/01/26

Grève au Massif de Charlevoix - impact économique

La nouvelle n’étonnera pas personne.  Annoncée lundi, l’annulation de la saison de ski au Massif de Charlevoix par la direction de la station se traduit déjà par des dizaines, voire des centaines d’annulations de réservation de chambres d’hôtels et de chalets dans la région de Charlevoix.

Mardi, en matinée, Hébergement Charlevoix, qui supervise la location de 200 chalets, dont une centaine dans le secteur de Petite-Rivière-Saint-François, enregistrait déjà une vingtaine d’annulations. « C’est énorme. D’autant plus que plusieurs clients qui souhaitaient réserver d’ici la fin de l’hiver ne le feront pas non plus », signale Daniel Guay, directeur de l’entreprise.

Même discours à l’Hôtel Baie-Saint-Paul. « Ce sont plus d’une douzaine de groupes de skieurs générant au moins 50 nuitées chacun, qui ont appelé ce matin pour annuler leur réservation », soulève son dirigeant Antoine Néron.

Et contrairement à Hébergement Charlevoix où les annulations ne peuvent être remboursées (donc elles ont été changées en crédit pour des séjours ultérieurs), celles que subissent la plupart des établissements hôteliers de Petite-Rivière-Saint-François et Baie-Saint-Paul constituent des pertes sèches pour ces entreprises.

« Le mot catastrophe n’est pas assez fort pour décrire la situation », poursuit Antoine Néron. Le gestionnaire signale que son établissement de 62 chambres se dirigeait vers une année record. « Cet hiver, la neige est au rendez-vous. L’effet de la passe IKON se faisait déjà ressentir. Mais voilà que tout s’écroule comme un château de cartes. Heureusement que la clientèle motoneige est au rendez-vous », se console l’hôtelier.

Un conflit signé CSN

Dans les coulisses, certaines sources soutiennent que le syndicat va beaucoup trop loin. « Ce ne sont pas des négociations qui sont en cours, c’est carrément un conflit signé CSN. Ce sont des enragés qui préfèrent la confrontation et l’endoctrinement de leurs membres pour arriver à leurs fins. D’ailleurs, comment ça se fait que moins de la moitié des 300 employés ait voté contre les offres patronales lundi dernier? Où sont les autres? » questionne un commerçant de Baie-Saint-Paul qui a accepté de nous parler sous le couvert de l’anonymat.

Une autre source en rajoute : « La CSN fait du tort à la région. Il ne faut pas s’étonner que les employés du Fairmont Manoir Richelieu aient quitté ce syndicat pour se joindre au TUAC en septembre dernier. »

Le Massif a aussi sa part de responsabilités

En revanche, d’autres sources penchent fortement en faveur des demandes des employés. « Le Massif de Charlevoix vit un retour du balancier », soutient un citoyen qui a vu évoluer la station au cours des 30 dernières années.

« Depuis que la montagne est devenue la propriété de Daniel Gauthier, il se creuse un énorme fossé entre la direction de l’établissement et la communauté charlevoisienne, et plus particulièrement avec l’écosystème que forment Petite-Rivière-Saint-François et Baie-Saint-Paul », soulève cette personne bien au fait de la situation pour expliquer la polarisation que vit la région ces jours-ci.

Et elle en rajoute : « Depuis des années, l’organisation du Massif de Charlevoix isole la montagne des gens de sa communauté. Cette organisation a pris l’habitude de nous regarder de haut et de ne faire aucun compromis. Elle ne demande pas, elle exige des concessions de la part de ses employés à coup d’ultimatum. En fait, les dirigeants de la montagne, dont très peu habitent la région, sont complètement déconnectés du milieu. »

« Et ce qui se produit actuellement, c’est l’apogée d’un feu qui couve depuis plusieurs années », continue de dépeindre notre interlocuteur.

On demeure optimiste

En attendant, d’autres sources qui ont accepté de nous parler sans être nommées demeurent, pour leur part, très optimistes. « Bien honnêtement, j’ai le sentiment que les deux parties vont finir par s’entendre d’ici la fin de la semaine », indique l’une d’elles.

Ce qui pourrait être fort possible. Au moment d’écrire ces lignes, des rumeurs de reprises de négociations entre les deux parties circulaient dans les médias.

Un dossier à suivre.

 

 

Journaliste et collaboratrice

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