Le Symposium du Développement Durable du Québec a réuni les acteurs de l’industrie touristique engagés dans la transition vers des pratiques plus responsables et durables. Après plusieurs années centrées sur la sensibilisation, le mouvement entre maintenant dans une phase plus concrète, axée sur la mise à disposition d’outils et formations, le financement, la valorisation d’initiatives et la participation en tant qu’acteurs à des projets structurants. Au cœur de cette réflexion : comment soutenir l’industrie, et accélérer sa transformation durable de façon réaliste, cohérente et adaptée aux réalités régionales? TourismExpress s’est entretenu avec Olivier Donzelot, directeur général par intérim de Tourisme Durable Québec.
TDQ amorce un tournant important. Quelle est la direction que vous souhaitez prendre?
Historiquement, TDQ a toujours joué un rôle d’éclaireur : sensibiliser, mobiliser et faire avancer l’idée du tourisme durable. Aujourd’hui, le contexte a évolué. Plusieurs ATR, ATS et organisations disposent déjà de plans, d’outils, d’équipes dédiées. Notre enjeu est donc d’affiner notre proposition de valeur et notre positionnement, tout en respectant la mission de nos partenaires de l’écosystème et en évitant de doublonner les initiatives. L’argent est rare, le temps nous manque, il nous faut être intelligent, optimiser l’usage de nos ressources et moyens, pour accélérer la transition.
Nous devons donc offrir une proposition de valeur claire et distinctive, qui complète plutôt qu’elle ne duplique. Notre rôle :
- Agir comme levier transversal,
- Outiller et soutenir la transformation,
- Et aider à accélérer le passage à l’action.
Nous voulons être l’organisation qui relie, renforce et propulse.
Concrètement, avez-vous un exemple pour illustrer comment cela se traduit pour l’industrie?
Oui tout à fait, on passe de la parole à l’action. Nous annonçons une entente stratégique tripartite avec nos collègues du fonds FDET (Filaction/MTO) et de MTLab - Les Pôles. L’objet de cette entente est mettre en commun nos forces pour faire connaitre et promouvoir le fonds FDET auprès des entreprises touristiques québécoises désireuses de bonifier l’expérience client tout en intégrant des pratiques durables.
TDQ sera partie prenante dans la validation de l’admissibilité des dossiers (sur les critères de durabilité) et offrira à ses membres la possibilité d’avoir accès à un taux privilégié. Autre intérêt pour les entreprises touristique, avoir accès grâce à ce fonds (prêt), à une solution pour financer des projets (à partir de 50 000$) que de nombreuses institutions financières ne financent habituellement pas ou difficilement.
La formation fait aussi partie de vos priorités.
En effet. Nous venons de signer avec le CQRHT un contrat de formation pour un module traitant du calcul des émissions de gaz à effet de serre (GES) développé en format e-learning et diffusé en classes virtuelles dans le cadre du déploiement d’un programme de formations en transition durable destiné aux professionnels de l’industrie. L’objectif : donner aux organisations les clés opérationnelles du tourisme durable. Une cohorte test sera réalisée en janvier puis le programme sera déployé au printemps.
Dès 2026, nous allons lancer deux cohortes de formation qui déboucherons sur l ‘obtention du certificat professionnel en tourisme durable délivré par le GSTC. Cette formation sera dispensée en ligne et en français à faire de permettre au plus grand nombre d’y participer.
Ce matin, la conférence d’Olivier Érard a marqué les participants. Qu’est-ce qui vous a interpellé?
Sa capacité à enclencher la transformation d’un territoire, et de son modèle économique, qui au départ est réticent au changement et qui au fil du temps, tout en ne reniant pas qui il est et quelles sont ses racines, accepte, s’identifie et devient porteur de cette nouvelle réalité. C’est exactement le défi auquel TDQ fait face dans sa mission. Promouvoir et accélérer la transition vers un tourisme plus durable et responsable ne peut pas se faire en 2025, comme cela se faisait en 2020. Repositionner TDQ devenait impératif, renforcer notre rôle, adapter notre proposition de valeurs et notre narratif, tout en restant fidèle à nos racines et valeurs, voilà notre feuille de route. Le changement durable n’est pas brusque. C’est un travail de cohérence, d’adhésion et de sens, avec les parties prenantes, toutes les parties prenantes.
Y a-t-il une autre conférence ou panel qui vous a marqué durant le symposium?
Elles m’ont toutes marqué par leur contenu, par leur cohérence et la qualité de l’intervention des participants. Tous étaient convaincus de la nécessité de passer à l’action et conscients du rôle mobilisateur qu’ils jouaient durant cette journée. Ils ont tous été convaincants. En fait cette journée, ce sont les intervenants qui l’ont dessiné, nous les avons choisis pour leurs qualités personnelles, la pertinence et l’intérêt du contenu qu’ils avaient à partager. Nous leur avons communiqué comme seul canevas de leur intervention le fil rouge de la journée « la communication » et pourquoi nous avions pensé à eux. Dans de nombreux cas ils se sont organisés entre eux pour nous offrir un moment d’échange riche et sincère, sans aucune commande ni ligne directrice prédéfinie.
Comment s’assurer que l’élan du Symposium se poursuive dans le temps?
Le Symposium offre un moment de partage intense ce qui est précieux. Une participante me disait au lendemain de cette édition, la deuxième dans son cas, qu’elle avait beaucoup aimé le symposium 2024, mais qu’elle avait adoré celui de 2025, notamment car au fil du temps elle se sentait de plus en plus s’intégrer à cette communauté d’acteurs du changement. En plus de créer une communauté, nous cherchons aussi avec le symposium à allumer des voyants, ces voyants étant autant d’idées que les participants peuvent s’approprier et ramener avec eux pour les partager à leur tour. Si chaque participant repart avec trois quatre voyants allumés et qui les partage on crée une dynamique durable.

«La transformation n’est pas une affaire de vitesse, mais de constance, de collaboration et de transmission, et en parlant de voyants allumés regardez tous ceux qu’à allumées Olivier Érard lors de son intervention. » Olivier Donzelot, directeur par intérim TDQ.
Marie-Claude Racine
Consultante marketing et développement touristique