Troisième région touristique en importance au Québec pour les dépenses des visiteurs, les Laurentides s’appuient largement sur des clientèles provenant de l’extérieur de la province. Plus de 45 % des dépenses touristiques proviennent de ces marchés, dont près de 30 % à l’international. Une performance solide, mais qui se comprend aujourd’hui avec un regard renouvelé.
Grâce à de nouveaux outils d’analyse et à une meilleure consolidation de l’information, Tourisme Laurentides affine sa lecture du territoire. L’enjeu n’est plus seulement de mesurer l’activité touristique, mais de mieux orienter les décisions.
À la tête de l’organisation depuis un peu plus de deux ans, Martin Lacelle, directeur général Tourisme Laurentides observe une évolution marquée dans la façon dont la destination comprend ses marchés et planifie son développement.
De l’intuition à une lecture plus fine du marché
Pendant longtemps, les associations touristiques régionales ont travaillé à partir d’études ponctuelles et de portraits annuels. Des références utiles, mais qui donnaient une vision parfois figée de la réalité.
Aujourd’hui, Tourisme Laurentides croise plusieurs sources d’information : statistiques d’hébergement, plateformes gouvernementales, consortium de Destination Canada (Aurora) et indicateurs issus de ses propres campagnes numériques.
« Les informations existent déjà. L’important est de savoir les lire », explique Martin Lacelle.
Cette approche permet désormais de mieux comprendre ce qui influence réellement la fréquentation d’une destination : l’effet d’une campagne marketing, les variations saisonnières, les perturbations liées aux événements climatiques (feu de forêt, inondation, etc) ou encore l’évolution des marchés. La discussion change alors de nature. On parle moins de visibilité et davantage d’impact.
Quand l’analyse révèle de nouvelles opportunités
Ce regard plus précis confirme certains constats, mais il met aussi en lumière des tendances plus discrètes.
Si le plein air demeure central dans l’image des Laurentides, les visiteurs cherchent de plus en plus des expériences ancrées dans la culture et la gastronomie locales.
« Les marchés sont de plus en plus à la recherche d’authenticité, de produits gourmands et d’expériences culturelles qui connectent à la culture québécoise et à celle des Laurentides », souligne le directeur général.
Ce qui change, c’est la capacité de transformer ces observations en orientation stratégique. Le tourisme gourmand, longtemps perçu comme complémentaire, apparaît désormais comme un levier de développement plus structurant.
Pour une région historiquement associée à la montagne et au ski, cette évolution nuance la perception du territoire. Diversifier l’offre ne dilue pas l’identité : elle l’enrichit.
Structurer avant de promouvoir
Dans un contexte où Mont-Tremblant agit comme locomotive touristique, la question n’est pas de créer de nouveaux pôles à tout prix, mais de mieux comprendre où se trouvent les véritables dynamiques.
En analysant les comportements des visiteurs et la répartition des dépenses, Tourisme Laurentides peut cibler les secteurs qui présentent un potentiel de croissance.
« On regarde l’ensemble de l’offre touristique et on identifie les endroits où on pourrait être plus forts », explique Martin Lacelle.
Des lieux comme Val-David, Oka ou Mont-Laurier émergent ainsi dans les réflexions. Mais avant d’investir en promotion, la priorité demeure la structuration : soutenir les entreprises, consolider les expériences et s’assurer que l’offre soit prête à accueillir la demande.
Mieux comprendre pour mieux agir
Cette nouvelle capacité d’analyse change la posture des destinations. Elle permet d’affiner les stratégies, d’ajuster les actions marketing et d’identifier plus clairement les occasions de développement. Au-delà des indicateurs, c’est surtout une manière différente de regarder son territoire qui s’installe. Dans un environnement touristique de plus en plus concurrentiel, cette compréhension devient un avantage réel.
À lire – Entrevue avec Daniel Blier, directeur général de Tourisme Mont-Tremblant
Marie-Claude Racine
Consultante marketing et développement touristique