Congrès Aventure Écotourisme Québec – Association des Parcs Régionaux du Québec, par Denis Brochu

4 min de lecture

Publié le 07/11/25 - Mis à jour le 07/11/25

Congrès AEQ et parq 2025 - jour 2 résumé

Deux réseaux, une même réflexion

S’il y a un fil rouge pour résumer ce qu’ont vécu les quelque 200 participants au congrès AEQ–Parq, c’est celui de la cohésion désormais palpable entre deux réseaux complémentaires : AEQ, qui accompagne les clientèles en milieu naturel; Parq, qui protège et développe les territoires récréotouristiques.

Cette rencontre entre ceux qui accueillent et ceux qui gardent le territoire crée une intensité rare : des échanges ancrés dans le réel, soucieux des communautés, de l’environnement et des clientèles. Résultat : une maturité collective qui donne confiance pour la suite.

Impossible de tout résumer ici. Il fallait être dans la salle!
Voici plutôt cinq capsules pour saisir l’essence des réflexions de cette seconde journée de congrès.

Nature, territoire et rapport au vivant

« La nature est morte, vive la nature! »

Sous ce thème volontairement provocateur, Marc-André Galbrand, Pierre-Alexandre Cardinal, Samantha Dufour et David Bédard ont ramené une question que notre industrie contourne trop souvent : de quoi parle-t-on quand on parle de “nature”?

Philippe Descola le dit : « la modernité, c’est de croire que la nature existe ».
Autrement dit, la “nature” n’est pas un décor; c’est un tissu de relations.
Chez les Premières Nations, on ne parle pas de nature, mais de territoire et de vivant.

Vu ainsi, le plein air n’est pas une industrie d’activités, mais une industrie de médiation : créer ou restaurer les liens entre l’humain et le territoire.
Un atelier qui a remis l’essentiel au centre.

Protection de la rivière Magpie

« Protéger un lieu, ce n’est pas figer la nature : c’est honorer le lien. »

La Magpie — 2ᵉ rivière des Amériques pour l’eau vive, accessible seulement par voie aérienne, bassin versant intact — est devenue un symbole puissant.
Communautés innues, entreprises et organismes ont démontré comment une mobilisation unifiée peut réellement protéger un joyau écologique.

Pier-Olivier Boudreault (SNAP Québec), Shanice Mollen Picard (Innus d’Ekuanitshit), Mathieu Bourdon (Noryak Aventures) et Alexis de Gheldere ont illustré que la force du collectif, appuyée par le Fonds plein air 1 % pour la planète, peut renverser la vapeur.

 

Météo et comportements des clientèles

« Et si nous étions nous-même une partie du problème? »

Il faut le dire : nos entreprises entretiennent elles-mêmes des attentes météo irréalistes.
On vend toujours le soleil parfait… puis on s’étonne que les visiteurs hésitent dès qu’il pleut.

François Chevrier a démontré, chiffres à l’appui, à quel point la météo influence les décisions — et à quel point nous pouvons agir autrement : valoriser les expériences toutes conditions, revoir nos visuels, offrir des alternatives, mettre en place des “rain checks”, promouvoir les saisons plutôt que les prévisions

Bref : arrêter de subir et commencer à façonner les attentes.

Intelligence artificielle et sobriété numérique

« On ne prend pas un avion pour traverser la rue. Pourquoi le faire avec l’IA? »

Amélie-Christine Richard (Tourisme Mauricie) a rappelé que la question n’est pas “plus d’IA”, mais mieux d’IA en nous démontrant qu’une IA frugale est non seulement possible, mais souhaitable : on peut innover en gardant une empreinte légère, en posant de vraies limites, en choisissant des outils utiles plutôt qu’impressionnants.

Engagement, équipes et relationnel

« L’engagement ne s’achète pas : il se vit. »

Jean-François Bertholet (HEC Montréal) a frappé juste : ce sont les comportements discrétionnaires des équipes qui créent l’expérience client — pas les avantages, pas les slogans, pas les incitatifs.

Trois illusions ont été démontées : la satisfaction ne dure jamais (on s’habitue à tout), la motivation extrinsèque est un carburant, pas un moteur, le “bonheur obligatoire” est inefficace. L’engagement repose plutôt sur quatre piliers : intégrité, bienveillance, compétence, fiabilité.
Simple. Exigeant. Humain.

Une certitude en sortant de cette journée

Le tourisme d’aventure et de plein air n’est pas seulement en quête d’outils :
il cherche du sens. Et lorsqu’une industrie se pose les bonnes questions, sur le territoire, la météo, la technologie, l’humain, elle trace un chemin crédible pour l’avenir.

Si cette réflexion se poursuit avec la même profondeur, le plein air québécois est entre bonnes mains.
Bravo AEQ–Parq.

À lire - Congrès AEQ – Parq : une première journée pour ouvrir les horizons

Denis Brocu Bro Conseil

Denis Brochu

Conseiller stratégique Bro conseil – tourisme et territoire

 

Abonnez-vous pour ajouter des thèmes en favoris. Abonnez-vous pour ajouter des catégories en favoris. Abonnez-vous pour ajouter des articles en favoris. Connectez-vous gratuitement pour voter pour la candidature.

Déjà abonné ? Déjà abonné ? Déjà abonné ? Déjà inscrit ?