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Commission parlementaire sur la planification de l’immigration : un témoignage percutant des hôteliers du Québec

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Publié le 02/10/25 - Mis à jour le 02/10/25

Session parlementaire gouv Québec représentation des associations Hôtelières du Québec

L’Association hôtellerie du Québec (AHQ), accompagnée de l’Association des hôteliers de la région de Québec (AHRQ), de l’Association hôtelière du Grand Montréal (AHGM) et de Mme Joanna Lortie, copropriétaire de l’Hôtel Universel de Rivière-du-Loup, a témoigné hier devant les parlementaires de la Commission des relations avec les citoyens, dans le cadre des audiences publiques sur la planification pluriannuelle de l’immigration au Québec pour la période 2026-2029.

Un besoin vital pour l’hôtellerie et l’économie régionale

La délégation a livré un message clair et urgent : maintenir en poste les travailleurs étrangers temporaires est vital pour la survie de l’hôtellerie québécoise et pour l’économie régionale. Sans accès stable et prévisible à cette main-d’œuvre, des chambres resteront fermées, des services seront abolis et des projets d’investissement majeurs risquent d’être annulés, privant ainsi le Québec de retombées économiques essentielles.

Des travailleurs déjà intégrés, formés et indispensables

« Si c’était possible d’embaucher uniquement au Québec, les hôteliers le feraient, ce serait beaucoup plus simple. Mais des postes essentiels comme cuisinier, aide-cuisinier, préposé à l’entretien ménager ou à la réception les soirs et week-ends n’attirent plus les travailleurs québécois. Les employés étrangers que nous accueillons ne sont pas des voleurs d’emplois : ils acceptent avec joie d’effectuer un travail que très peu de Québécois souhaitent occuper. Les travailleurs étrangers temporaires déjà présents dans nos établissements ont acquis les compétences nécessaires, ils sont bien intégrés dans nos équipes, logés, ils paient leurs impôts et contribuent directement à l’économie de nos régions. Pourquoi ne pas nous permettre de renouveler leurs permis? », a affirmé Véronyque Tremblay, PDG, Association hôtellerie du Québec (AHQ).

« Montréal n’échappe pas à cette réalité : même dans une métropole aussi dynamique et attractive, il devient de plus en plus difficile de recruter pour certains postes spécialisés ou en horaires atypiques. L’hôtellerie montréalaise fait face aux mêmes tensions que les régions, et chaque maillon manquant fragilise notre capacité à offrir le niveau de service attendu dans une destination internationale. Les travailleurs étrangers temporaires contribuent de façon essentielle à maintenir la qualité et la continuité de nos opérations. », souligne Dominique Villeneuve, PDG, Association hôtelière du Grand Montréal (AHGM)

« Les hôteliers de Québec sont des entrepreneurs courageux et travaillants, qui ne se plaignent jamais de surcroit. Depuis 4 ans, nous avons travaillé très fort pour repositionner Québec à l’international en attirant des millions de touristes annuellement, en contribuant fortement à l’économie régionale, en gagnant divers prix de reconnaissances internationaux, et ce, malgré le peu de support de nos gouvernements et de l’ensemble des défis gigantesques de notre industrie: l’endettement post-covid, la pénurie de main-d’œuvre, les coûts d’opérations exorbitants, la hausse des taxes municipales, le manque de valorisation de nos métiers de la part des instances publiques et gouvernementales, sans oublier le manque de relève. Tout ce que les hôteliers demandent, c’est qu’on arrête de leur mettre des bâtons dans les roues » précise Alupa Clarke, PDG, Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ)

Des investissements régionaux menacés

« Dans un établissement régional comme le nôtre, la perte de quelques travailleurs étrangers temporaires a des conséquences immédiates : réduction des heures de service, surcharge pour nos employés locaux et incapacité de répondre à la demande touristique. Nous sommes à la veille d’un investissement majeur pour moderniser nos installations, mais sans la garantie de maintenir en poste notre main-d’œuvre étrangère, ce projet pourrait tomber à l’eau. C’est toute l’économie régionale qui en subirait les conséquences », a ajouté Joanna Lortie, copropriétaire de l’Hôtel Universel de Rivière-du-Loup.

L’immigration : une nécessité, pas un choix de facilité

Les hôteliers ont rappelé que le taux de chômage dans l’hôtellerie est déjà plus faible que dans plusieurs autres secteurs : preuve que les travailleurs étrangers temporaires viennent combler un manque réel, et non remplacer la main-d’œuvre locale. Devant les élus, la délégation a multiplié les exemples concrets provenant de partout au Québec, démontrant que l’immigration n’est pas un choix de facilité, mais une nécessité économique et sociale.

Une planification ambitieuse attendue

La délégation a réitéré la nécessité d’une planification de l’immigration ambitieuse, réaliste et adaptée aux besoins concrets des hôteliers, permettant de stabiliser et de renouveler les permis des travailleurs déjà en poste, afin d’assurer la pérennité des établissements hôteliers et de préserver l’attractivité du Québec comme destination touristique.

« Refuser de renouveler ces permis, c’est condamner des hôtels, fragiliser l’économie québécoise et miner l’attractivité internationale du Québec », ont conclu les représentants hôteliers.

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