On connaissait les effets de la nature et de l’art sur la santé mentale. Voilà que trois nouvelles études menées par VITAM – Centre de recherche en santé durable et l’Université Laval au Monastère des Augustines mettent en lumière le rôle du patrimoine pour diminuer l’épuisement et l’anxiété.
Inauguré en 2015 dans le bâtiment qui abritait les religieuses depuis le 17e siècle, le Monastère des Augustines est l’un des plus beaux exemples de tourisme durable au Québec. Les profits réalisés grâce à la location des 65 chambres permettent de financer l’OBNL et d’offrir des tarifs solidaires – à prix réduits – aux soignants et aux proches aidants, deux types de clientèles qui s’inscrivent dans la mission des Augustines de « prendre soin des gens qui prennent soin ».
« Quand un touriste vient chez nous, il paye le plein prix, mais il contribue à redonner à la communauté locale, souligne Isabelle Duchesneau, directrice fondatrice et cheffe du développement stratégique. Comme il participe à quelque chose de plus grand que lui, il laisse une trace positive, en plus de rapporter quelque chose pour lui. »

Un lieu pensé pour le bien-être
Dès la reconversion de ce « lieu de mémoire habité » en établissement touristique, tout a été pensé de sorte à rester cohérent avec son esprit, de l’architecture à l’intégration d’activités axées sur la croissance personnelle et le mieux-être. Les résultats partagés par les chercheurs de VITAM, qui ont mené leurs études pendant trois ans, confirme que les efforts déployés ont porté fruit.
Une première étude réalisée auprès de 344 personnes ayant séjourné dans l’établissement et de 34 membres du personnel et partenaires du Monastère souligne que le patrimoine matériel des Augustines crée un sentiment de bien-être immédiat, en offrant une « parenthèse hors du temps ».
Une seconde étude menée auprès de 73 proches aidants montre une diminution marquée de l’épuisement et de l’anxiété suite à leur séjour de répit. Selon les observations des chercheurs, le patrimoine immatériel des Augustines « favorise l’autocompassion et la revalorisation du rôle d’aidant, rappelant l’importance de prendre soin de soi pour mieux soutenir l’autre ». La troisième étude, à laquelle ont participé 73 soignants suite à une journée de ressourcement au Monastère, tire des conclusions similaires. En plus de contribuer à réduire l’épuisement émotionnel et d’encourager à mieux prendre soin de soi, l’expérience a rappelé aux participants le sens de leur travail.

« C'est une grande étape parce que les résultats sont concluants, dit Mme Duchesneau. Nous allons aller plus loin, avec plusieurs autres partenaires. Ce que nous aimerions, c'est que le monastère devienne vraiment un laboratoire vivant où chercheurs, communautés et citoyens puissent se rassemblent pour comprendre comment on peut utiliser notre patrimoine pour notre santé et notre bien-être. C'est vraiment le souhait du monastère : être là pour avoir un impact social plus grand. »
Comment transposer ce modèle dans le contexte d’un hôtel ou d’une autre attraction touristique ? « Je pense que la base est vraiment de s'ancrer dans l'authenticité de notre territoire, dit Mme Duchesneau. Il faut aussi être fier de raconter notre histoire. »

Marie-Julie Gagnon, Collaboratrice TourismExpress et journaliste