Chaque année au Québec, près d’une vingtaine d’établissements hôteliers de tous genres changent de propriétaires. Or, plus de 80 % de ces transactions sont supervisées par le courtier immobilier Daniel Bouchard, propriétaire et dirigeant de l’agence Hôtel Boulevard.
Depuis déjà 35 ans que ce courtier immobilier se spécialise dans la vente d’établissements hôteliers au Québec. Bon an mal an, ce sont au moins 12 à 15 transactions qui bénéficient des services de son agence ayant pignon sur rue à Rosemère. « Il y a même des années où l’agence a vendu plus de 20 hôtels », soutient le courtier.
Pas de pancarte « À vendre »
Mentionnons que près de 40 % des établissements d’hébergement qui se retrouvent sur le marché de la vente passent généralement inaperçus aux yeux du grand public, y compris ceux de l’industrie touristique elle-même, fait remarquer Daniel Bouchard.
« Il faut comprendre que plusieurs propriétaires d’établissements ne poseront aucune pancarte « à vendre » devant leur façade. Ces derniers vont préférer procéder par appels d’offres comme c’est le cas pour plusieurs immeubles commerciaux au sein du marché immobilier. C’est à nous les courtiers de cibler des investisseurs sérieux qui pourraient être intéressés par le produit », explique-t-il.
À ce propos, le courtier se fait très rassurant au sujet des investisseurs dont les noms ont des consonances asiatiques. Une clientèle fort intéressée par les hôtels du Québec. « La plupart d’entre eux sont nés ou ont immigré en bas âge au Québec. Ce sont des gens d’affaires d’ici qui se sont très bien intégrés à notre culture et notre industrie touristique. Ce sont des gens d’affaires qui recherchent de beaux actifs et qui en prennent beaucoup soin », indique Daniel Bouchard.
Le courtier raconte justement avoir eu le privilège de superviser la toute première acquisition du PDG du Groupe Kejja, Claude Chan, en 1998, lorsqu’il est devenu propriétaire du Motel Métropole. L’établissement est devenu par la suite le Newstar.
L’hôtel doit être rentable
Au fait, est-ce que le marché hôtelier est appétissant ces jours-ci pour les investisseurs? « Ça dépend des hôtels. La rentabilité doit être au rendez-vous dès le jour un pour attirer l’intérêt de l’acheteur. Rarement, un investisseur achète un hôtel déficitaire à moins d’en avoir un très bon prix afin de lui-même en rehausser sa valeur », dit-il.
De plus, mieux vaut avoir les fonds nécessaires pour se lancer dans l’aventure. « Aujourd’hui, l’investisseur qui veut acheter un établissement hôtelier doit avoir en poche 65 % de la somme demandée avant de cogner à la porte des institutions financières afin d’obtenir le reste du financement », dit-il. Une situation qui a incité plusieurs prêteurs privés à se joindre à la danse afin d’aider les acheteurs à financer leur première hypothèque.
Entre 15 et 50 M$
Au cours de 2025, le montant de la quinzaine des transactions hôtelières auxquelles a participé l’agence Hôtel Boulevard a oscillé entre 15 et 50 millions de dollars. « Plus de 50 % de ces ententes se sont effectuées par une vente d’actions et non une vente strictement immobilière. Une formule qui présente plusieurs points positifs sur le plan fiscal, notamment pour les immeubles qui sont en activité depuis plus de cinq ans », mentionne le courtier.
Enfin, à quoi ressemble la commission lors de la vente d’un hôtel ? « Entre 1,5 % et 3 % selon le montant de la transaction. Plus le montant est élevé, plus le pourcentage de la commission sera réduit », conclut le courtier.
Sur la photo, l’équipe de l’agence immobilière Hotel Boulevard, Chantale Bouchard, Daniel Bouchard et Charles-Antoine Roussel.

Journaliste et collaboratrice