À quand la véritable reprise?, par Eve Paré

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Alors que le Québec amorce un nouveau déconfinement et que la saison touristique s’entreprend dans la plupart des régions touristiques, les hôteliers montréalais n’ont toujours pas le cœur à la fête. Malgré plusieurs initiatives visant à accroître l’achalandage dans le centre-ville de la métropole cet été, l’espoir de revoir des touristes demeure mince. Le plus récent sondage mené auprès des membres de l’AHGM, révèle que le taux d’occupation attendu est de 31% pour le 3e trimestre; loin de permettre un possible retour à rentabilité.

Cette situation s’explique principalement par le fait que l’industrie s’attend à ce que les frontières demeurent fermées jusqu’à la fin de l’été. Rappelons-nous qu’en temps normal, ce sont environ 80% des invités qui proviennent de l’extérieur de la province. Ajoutons à cela que la situation en Ontario continue de demeurer préoccupante. En l’absence de touristes canadiens et internationaux, l’occupation restera inévitablement famélique.

Un autre élément de préoccupation réside dans l’interdiction, par l’Institut national de santé publique du Québec, de tenir toute réunion d’affaires, quelle que soit la taille de celles-ci ou encore le pallier d’alerte en vigueur. À ce jour, seules les réunions essentielles demeurent permises. Là encore, les signaux de fumée nous laissent croire qu’il pourrait en être ainsi pour quelques semaines encore. Difficile de comprendre la réticence à permettre les petites réunions, tenues dans le plus grand respect de mesures sanitaires, alors que les salles de spectacle peuvent accueillir jusqu’à 250 personnes en zone rouge, voire 2 500 dans le cas du Centre Bell !

L’automne ne s’avère guère plus encourageant. Malgré l’ouverture attendue des frontières, jumelée à une reprise possible des petites réunions d’affaires, le taux d’occupation devrait demeurer sous la barre des 30%. L’annulation de la quasi-totalité des congrès et événements d’envergure ainsi que des croisières, constitueront d’importants obstacles juste avant l’arrivée de la saison hivernale. En raison d’une très difficile première moitié d’année, l’occupation moyenne de 2021 sera selon toute vraisemblance assez similaire à celle de 2020, soit aux environs de 20%.

ALORS À QUAND LA VÉRITABLE REPRISE?

En supposant que les vaccins soient efficaces dans la lutte à la pandémie et que la situation mondiale continue de s’améliorer, on pourrait espérer un redémarrage à partir du second trimestre de 2022.

Maintenant, la question que tous se pose : disposerons-nous des effectifs nécessaires une fois que l’achalandage se fera ressentir? Plusieurs salariés ont trouvé des emplois dans d’autres secteurs. On sait que certains souhaiteront revenir en hôtellerie, mais qu’ils ont besoin d’obtenir la certitude d’un retour définitif avant de quitter leur emploi actuel. Cette assurance est d’autant plus difficile à offrir puisque les employeurs n’ont pas de visibilité à moyen-terme sur le maintien des mesures de soutien (SSUC, SUCL, Programme d’embauche pour la relance économique, etc.) de même que sur les règles sanitaires applicables.

UN DÉFI DE MODERNISATION POUR ASSURER LA PÉRENNITÉ

L’industrie hôtelière était déjà aux prises avec une pénurie de main-d’œuvre et la pandémie n’est venue qu’empirer les choses. Or, s’il existe un secret bien gardé, c’est la qualité des emplois et la possibilité de faire une belle carrière en hôtellerie, même selon les critères du premier ministre Legault!

Situation paradoxale : on se retrouve aujourd’hui à parler de pénurie de main d’œuvre alors que seulement 23% de nos employés sont présentement au travail. Il s’agit là d’un contexte sans précédent pour entreprendre des négociations en vue d’un renouvellement de plusieurs conventions collectives.

La dernière année a été riche en enseignements et si nous ne devions retenir qu’une leçon, c’est l’importance de l’agilité et de la souplesse dans la gestion des effectifs qui ont permis aux entreprises de traverser la crise. Il nous faudra convaincre le plus de salariés possibles de revenir en hôtellerie et comme ça ne sera sans doute pas suffisant, il faudra de plus séduire de nouveaux candidats.

Les conventions collectives matures sont sans doute un avantage concurrentiel, car elles offrent des conditions de travail généreuses. Celles-ci devront toutefois être modernisées dans le but d’offrir la flexibilité nécessaire à la conciliation entre vie personnelle et professionnelle des jeunes que nous souhaitons attirer.

En terminant, même si la reprise s’annonce lente, les perspectives à long terme demeurent des plus encourageantes. Plusieurs des événements qui ont dû être retirés du calendrier en 2020 et 2021, ont été dans les faits reportés, s’ajoutant ainsi à un calendrier déjà bien garnis. D’ici la véritable reprise, nous avons l’opportunité, comme secteur, de continuer d’innover et ainsi d’assurer notre position de leader sur le marché.

Eve Paré
Présidente-directrice générale
Association des hôtels du Grand Montréal


Fondée en 1949, l'Association des hôtels du Grand Montréal (AHGM) regroupe une centaine d'établissements de trois étoiles et plus situés principalement dans la région métropolitaine. Elle joue un rôle essentiel de catalyseur et de représentation des intérêts de ses membres, qui sont indispensables à la croissance et au développement de l'activité touristique et économique. Elle mobilise, informe et appuie ses membres en faisant la promotion des pratiques répondant aux critères d'excellence parmi les plus élevés au monde.

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