Travailleurs étrangers : temporaires ou permanents?

Chronique ressources humaines · · Commenter

Dans son projet de loi 71 déposé le 19 février, le gouvernement québécois vise à adapter sa sélection de candidats à l’immigration au marché du travail, dans le but d’accélérer le traitement des demandes et surtout pour recruter les meilleurs candidats. De son côté, le gouvernement fédéral a confirmé dans son dernier budget sa ferme intention de veiller à ce que les emplois disponibles soient tout d’abord offerts aux Canadiens.

Ça bouge au chapitre de l’immigration. Quelles sont les conséquences pour l’industrie touristique? Dans une série de chroniques, nous allons présenter successivement les enjeux de l’immigration sous les angles de la durée de l’emploi, du niveau de compétence exigé et des mesures à prendre pour connaître et influencer les règles du jeu.

LA MAIN D'OEUVRE ÉTRANGÈRE : QUELQUES CHIFFRES 

Le secteur touristique canadien fait de plus en plus appel aux travailleurs étrangers pour combler ses besoins de main-d’œuvre. Entre 2002 et 2011, le nombre de travailleurs immigrants permanents œuvrant dans ce secteur est passé de 2 475 à 8 075 (+ 326 %) et celui des temporaires, de 5 150 à 12 740 (+ 247 %), après une pointe en 2008. Tous secteurs confondus, le Québec surpasse la moyenne canadienne de travailleurs temporaires, établie à 72 %, par plus de 33 points. En effet, nous sommes passés de 16 775 personnes en 2002 à 34 385 en 2011, ce qui représente une augmentation de plus de 105 %. De toute évidence, le recours aux travailleurs étrangers semble être un moyen envisagé par les entrepreneurs québécois pour combler le manque de main-d’œuvre au sein de leurs entreprises, notamment dans le secteur agricole.

SAVOIR IDENTIFIER SES BESOINS : RECRUTEMENT PERMANENT OU TEMPORAIRE? 

Avant d’entamer des démarches de recrutement à l’extérieur du pays, l’employeur doit faire un constat de la situation et réfléchir sur les besoins de son entreprise. Le poste disponible est-il permanent ou temporaire, régulier ou saisonnier? Combien de semaines dans l’année? Combien d’heures par semaine? Même si le volet saisonnier de l’industrie touristique pèse lourd dans les besoins de main-d’œuvre, il existe aussi des emplois qui s’étendent sur l’année complète. Selon l’option retenue, différents programmes s’offrent à l’employeur québécois et au travailleur étranger permanent ou temporaire. Voici sommairement les principaux.

TRAVAILLEURS PERMANENTS

  • Le programme québécois d'immigration des travailleurs qualifiés s’adresse aux candidats qui veulent s’établir au Québec dans le but d'y occuper un emploi et qui ont acquis une formation et des compétences professionnelles qui faciliteront leur intégration au marché du travail. Les facteurs d’employabilité pris en compte pour l’admissibilité à ce programme concernent notamment la formation (dont le niveau de scolarité et le domaine de formation), l’expérience professionnelle, l’âge, les connaissances linguistiques en français et en anglais, les séjours que le demandeur a faits au Québec, les liens de parenté avec un citoyen canadien ou un résident permanent au Québec, etc. Un aperçu complet des exigences est disponible sur le site du ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles. 
  • Le programme de l’expérience québécoise s’adresse notamment aux travailleurs temporaires occupant un emploi spécialisé par exemple: de niveau cadre : directeur des ressources humaines, professionnel : coordonnateur d’événements ou technique : chef cuisinier au Québec. À certaines conditions, cette passerelle facilite le passage du statut de travailleur temporaire à l’immigration permanente, permettant d’assurer une main-d’œuvre plus stable.


TRAVAILLEURS TEMPORAIRES

Au Québec, le nombre des travailleurs participants au programme des travailleurs étrangers temporaires a doublé en 10 ans, et ce, dans tous les secteurs d’activités confondus. En tourisme, plus que dans certains autres secteurs, la question des travailleurs temporaires est beaucoup plus délicate. Effectivement, les conditions relatives aux divers programmes ont une prémisse commune à laquelle les entrepreneurs doivent s’assurer de répondre: sommes-nous en mesure d’offrir un emploi, à plein temps, pendant 4 ans aux travailleurs temporaires que nous convoquons… Le fait est que notre réalité saisonnière ne rend pas cette tâche facile! Bien entendu, il est possible d’élaborer des stratégies de réseau avec d’autres entreprises afin de se doter d’une structure de partage de personnel selon les périodes d’achalandage de chacun. Mais encore faut-il être en mesure de garantir cette condition élémentaire.

De plus, bien qu’il soit avantageux pour le secteur touristique, étant donné son ouverture à toutes les catégories de professions et métiers, et que le nombre de candidatures admissible annuellement soit relativement important; le programme des travailleurs étrangers temporaires comporte aussi des défis. Notamment, en matière de traitement : chaque demande comporte des applications très différentes d’une fonction de travail à une autre, bien qu’elles se concentrent toutes dans le secteur touristique; de délais : l’exigence d’un avis relatif au marché du travail peut être longue et coûteuse pour des employeurs qui ont un besoin urgent de travailleurs temporaires; de résultats : l’obtention d’une réponse favorable est imprévisible.

D’autres programmes spécialisés sont aussi offerts, dont quelques-uns spécifiquement aux étudiants étrangers. Outre le volet étudiants étrangers diplômés du Québec ou en voie de l’être du programme de l’expérience québécoise, il existe également divers programmes tels que Vacances-travail, le Permis de travail hors campus ou postdiplôme, etc.

Pour plus d’information sur les programmes associant main-d’œuvre et immigration, visitez le www.travailleursetrangers.com.

Fait à noter : le budget fédéral déposé récemment va certainement engendrer de nouvelles restrictions quant aux programmes actuellement disponibles. Il faudra être attentifs aux nouvelles mesures qui seront mises en place incessamment.

Rédigé par le CQRHT, collaboration spéciale

Twitter

Nominations

Destination Canada

Après un processus de nomination ouvert, transparent et fondé sur le mérite, M. Dave Laveau devient le premier Autochtone à être nommé au conseil d’administration de Destination Canada. Suite à ce processus qui tient aussi compte de l’égalité entre les sexes et de la diversité du Canada, l’honorable Bardish Chagger, leader du gouvernement à la Chambre des communes et ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme, annonçait par voie de communiqué les huit nominations à ce prestigieux conseil. Cette nomination de M. Laveau vient sans contredit donner une voix supplémentaire au leadership de l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC), de Tourisme Autochtone Québec (TAQ) et de notre industrie.

M. Laveau est présentement vice-président de l’ATAC et directeur général de Tourisme Autochtone Québec (TAQ), association chargée de défendre les intérêts des entreprises touristiques autochtones du Québec en leur offrant des produits et des services favorisant leur développement, les meilleures pratiques d’affaires et leur positionnement sur les marchés touristiques. TAQ est la plus ancienne association touristique autochtone au Canada comptant plus de 25 ans d’actions. Elle représente plus de 180 membres actifs, associés et délégués impliqués dans le développement fondamental du tourisme autochtone au Québec.

« C’est un réel honneur pour moi, à titre d’Autochtone, mais aussi de leader de l’industrie touristique du Québec, d’être nommé au conseil d’administration de Destination Canada. Il s’agit également d’une responsabilité et d’un privilège de prendre part à ce grand cercle décisionnel qui assure la vitalité de l’industrie. » a déclaré M. Laveau. Récemment au Québec, le ministère du Tourisme réaffirmait le positionnement stratégique du tourisme autochtone dans la mise en œuvre de ses stratégies sectorielles. Cette nomination s’ajoute donc aux signaux forts lancés par les deux paliers de gouvernement pour notre industrie.  

« La nomination de M. Dave Laveau au conseil d’administration de Destination Canada témoigne d’une plus grande reconnaissance du rôle de l’industrie touristique autochtone et j’en suis très heureux », a déclaré M. Keith Henry, président-directeur général de l’ATAC. « Son engagement continu envers le développement du tourisme autochtone va au-delà de la province de Québec. M. Laveau est passionné par la croissance du secteur partout au Canada. Il s’agit d’un engagement renforcé envers le tourisme autochtone, suite à la récente annonce dans le budget fédéral 2017 d’un financement de 8,6 millions de dollars. »

L’industrie touristique autochtone au Canada emploie plus de 33 000 personnes et génère 1,4 milliard de dollars du PIB annuel canadien. Le plan quinquennal de l’ATAC, La voie de l’avenir, vise à augmenter la contribution du tourisme autochtone au PIB annuel canadien de 300 millions de dollars, à atteindre un total de 40 233 travailleurs dans l’industrie touristique autochtone et à créer 50 nouvelles entreprises touristiques autochtones.      


À propos de l’ATAC

L’ATAC vise à améliorer la situation socio-économique des Autochtones en offrant des services consultatifs en matière de développement économique et grâce à des congrès sur le tourisme, des séances de formation et des ateliers sur le renforcement des capacités, de la recherche et des informations sur l’industrie à l’intention des opérateurs touristiques autochtones et des communautés des 13 régions (10 provinces et 3 territoires du Canada). L’ATAC établit des liens avec d’autres groupes et régions ayant des mandats similaires, unissant ainsi l’industrie touristique autochtone au Canada et mettant l’accent sur le soutien collectif, le développement de l’offre touristique, la promotion et le marketing des entreprises touristiques culturelles autochtones de façon respectueuse. Le conseil de l’ATAC est composé de représentants de l’industrie touristique autochtone de chaque province et territoire. Pour plus d’informations, veuillez consulter Aboriginalcanada.


À propos de TAQ

TAQ est l’association touristique sectorielle reconnue par le ministère du Tourisme comme porte-parole officiel du tourisme autochtone et par l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador comme représentant d’un lieu d’échange et de services dans le domaine du développement et de la promotion de l’offre touristique autochtone. Vouée également à la commercialisation des expériences et produits touristiques autochtones, notre mission est d’offrir aux entrepreneurs autochtones du Québec impliqués dans l’industrie touristique, un organisme de représentation qui défend leurs intérêts, stimule leur développement et leur offre une gamme de produits et de services favorisant le développement des entreprises, l’amélioration des pratiques d’affaires et leur positionnement sur les marchés touristiques. Au Québec toujours, le nombre d’entreprises touristiques autochtones a plus que doublé depuis le début des années 2000. Rappelons qu’annuellement, le Québec autochtone partage sa culture avec plus d’un million de visiteurs et crée près de 3 500 emplois tout en totalisant des retombées économiques de l’ordre de 169 M$. Pour plus d’information veuillez consulter Tourisme autochtone.

Voir toutes les nominations