Qualité de l’emploi : enjeu stratégique pour l’industrie

Chronique ressources humaines · · Commenter

Nous vivons actuellement une époque de rareté de main-d’œuvre qui se prolongera et s’accentuera pendant encore de nombreuses années.

Selon les prévisions de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), la population des 15 à 64 ans, celle dite en âge de travailler, décroîtra à partir de 2014 malgré la hausse de l’immigration. Or, selon Emploi-Québec, le marché du travail québécois aura besoin de 316 000 personnes pour répondre à la croissance de l’emploi au cours des 10 prochaines années et de plus d’un million de personnes pour remplacer les futurs retraités. Le Conseil canadien des ressources humaines en tourisme (CCRHT) soulevait également ce point dans une étude réalisée en 2012, qui portait sur le manque grandissant de main-d’œuvre en tourisme, face à une demande touristique en pleine croissance, notamment pour le Québec.  

Avec un taux de participation de la population de 15 à 64 ans se situant déjà parmi les meilleurs au monde (77,4% en 2011), le bassin de main-d’œuvre encore inutilisée est plutôt limité. Par ailleurs, le taux de chômage élevé des immigrants (12,4 % en 2011) reflète les difficultés de leur intégration au marché du travail. Le fait qu’ils s’installent très majoritairement dans la région de Montréal ajoute aussi aux limites du potentiel de l’immigration pour pallier aux pénuries de main-d’œuvre anticipées dans les différentes régions du Québec. 

Bref, le marché du travail sera de plus en plus serré et le chômage sera en baisse partout. La concurrence pour attirer et retenir la main-d’œuvre sera vive et impitoyable. Les travailleurs auront le choix entre plusieurs emplois, dans différents secteurs d’activité, et ils jugeront de leurs mérites respectifs, c’est-à-dire de leur « qualité », selon divers critères monétaires et non monétaires. 

Pour réussir à se démarquer, les entreprises touristiques devront donc elles aussi être en mesure de leur proposer des emplois de qualité. Mais qu’est-ce qui fait la qualité d’un emploi ? Qu’entendons-nous au juste par là ?

Un emploi de qualité: ça veut dire quoi ?

Nous amorcerons ici et dans nos prochaines chroniques une brève réflexion à ce sujet, en nous inspirant des travaux réalisés à l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) où un analyste, Luc Cloutier-Villeneuve, effectue depuis quelques années des études en vue de mieux définir ce concept et d’en mesurer certains éléments.

« Les experts analysent l’évolution des chiffres sur la création et la perte d’emplois depuis plusieurs années, dit-il, mais on doit aussi s’interroger sur la qualité des emplois offerts. Car le développement économique et social d’un pays ne dépend pas uniquement du volume d’emplois, mais aussi de la qualité de ces emplois.»

C’est dans cette perspective que l’ISQ a jugé important d’initier des travaux en vue de préciser ce concept et de tenter de développer, à partir des données du marché du travail déjà existantes, des indicateurs permettant d’évaluer et de suivre l’évolution de la qualité de l’emploi à l’échelle nationale ou précisément pour différents secteurs, régions et groupes socio-économiques. 

Mais avant d’amorcer les travaux statistiques, l’analyste de l’ISQ a tout d’abord élaboré un cadre conceptuel pour mieux cerner et définir les éléments qui déterminent la qualité des emplois. Il distingue ainsi trois grandes catégories de facteurs:

  • les facteurs macroéconomiques qui conditionnent la qualité générale du marché du travail environnant,
  • les facteurs mésoéconomiques qui déterminent la qualité de l’emploi dans un secteur et un marché donné,
  • les facteurs microéconomiques qui affectent plus particulièrement la qualité du travail au niveau de chaque entreprise.
     

« Et ce qu’il y a d’intéressant, dit-il, c’est qu’à chacun de ces niveaux, différents types d’actions sont possibles pour améliorer la qualité des emplois. » 

C’est donc en nous inspirant de ce modèle que nous tenterons d’examiner ce que cette réflexion pourrait signifier dans le contexte de l’industrie touristique, en consacrant nos prochaines chroniques à chacun de ces trois éléments. Nous débuterons ainsi, le mois prochain, avec les facteurs macroéconomiques.

Pour en savoir plus sur le cadre conceptuel de l’ISQ : 
http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/remuneration/qualite_emploi.htm

Rédigé par le CQRHT, collaboration spéciale

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Fairmont Le Reine Elizabeth

Fairmont Le Reine Elizabeth est fier d’annoncer la nomination suivante:

Cynthia St-Louis au poste de Déléguée commerciale régionale, marché international depuis le 27 juin 2017. Cynthia se joint à nous fort d’une expérience de plus de 10 ans dans les domaines du tourisme et de l’hôtellerie. Elle a détenu jusqu’à récemment avec succès le poste de Gestionnaire, ventes de réunions et congrès, marché international chez Tourisme Montréal. Cynthia a occupé différents autres postes au sein de son parcours, tels que réceptionniste à l’Auberge Le Jardin d’Antoine, coordonnatrice des ventes et marketing au Delta Centre-Ville et Chargée de projets, Ventes réunions et congrès – Marché international chez Tourisme Montréal.

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