Entrevue avec Bardish Chagger, ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme au Canada

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Dans les jours précédant la Semaine nationale du tourisme, la présidente-directrice générale de l'AITC, Charlotte Bell, s'est assise avec la ministre Chagger pour discuter de ses six premiers mois en fonction et des plans du gouvernement pour traiter les principaux enjeux auxquels est confrontée l'industrie canadienne du tourisme et des voyages.

Charlotte Bell (CB): Vous êtes ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme depuis 6 mois seulement, quelle a été la plus grande surprise pour vous et qu'avez-vous identifié comme le plus grand défi auquel l'industrie est confrontée?

Minister Chagger (MC): La plus grande surprise pour moi est aussi l'un des plus grands défis de l'industrie. La décision de retirer les activités promotionnelles financées par le gouvernement du marché américain du tourisme de loisirs place aujourd'hui notre industrie dans une situation désavantageuse. Comme vous le savez, les États-Unis continuent d'être notre plus important marché source pour les touristes. Non seulement nous avons besoin d'une présence soutenue là-bas, nous devrions être agressifs dans ce marché. Nous allons continuer de travailler fort pour attirer de nouveau les voyageurs américains dans notre pays par le biais de la nouvelle campagne de marketing de 30 millions de dollars de Destination Canada, Accueillir l'Amérique. De plus, le budget 2016 a fourni 50 millions de dollars additionnels à Destination Canada au cours des deux prochaines années pour attirer les visiteurs d'autres marchés clés, comme la Chine et le Mexique.

Comme vous le savez, ces dernières années, nous avons été témoins de l'émergence d'une concurrence intense de destinations nouvelles et émergentes en Asie, en Europe et en Amérique latine. Et comme la classe moyenne mondiale continue de croître et de trouver le temps et l'argent pour voyager à l'étranger, nous devons nous assurer de continuer à positionner le Canada comme une destination qui vient en tête de liste.

C'est pourquoi nous devons collaborer! La concurrence continuera à pousser l'industrie internationale de l'avant, et le travail de notre gouvernement en collaboration avec d'autres agences et ministères fédéraux, nos partenaires provinciaux et territoriaux ainsi que les nombreux intervenants en tourisme comme l'AITC nous aidera à répondre aux besoins de l'industrie touristique du Canada.

CB: Bon nombre des questions ayant une incidence sur l'industrie du tourisme et des voyages au Canada ne relèvent pas du mandat du ministre responsable des politiques touristiques... Quel est votre plan pour vous assurer que vos collègues du Cabinet traitent des enjeux ayant une incidence sur la compétitivité du Canada comme destination touristique mondiale?

MC: C'est ce qui est merveilleux avec l'engagement du premier ministre Trudeau en faveur d'une approche pangouvernementale - nous faisons tous partie d'une équipe. Il ne s'agit pas d'avoir une approche territoriale ou d'ignorer les autres parties du gouvernement parce qu'elles ne relèvent pas directement de mon mandat. Par exemple, j'ai travaillé en étroite collaboration avec le ministre McCallum sur la levée de l'obligation de visa pour les ressortissants mexicains, ce qui aura un effet positif sur les visites au Canada. Je suis en contact avec le ministre Garneau et je me préoccupe de la réponse du gouvernement dans l'examen de la Loi sur les transports au Canada, particulièrement en ce qui concerne les questions relatives au secteur aérien.

Je travaille également en collaboration avec ma collègue Catherine McKenna, ministre de l'Environnement, à l'expansion de notre réseau de parcs nationaux, ainsi qu'avec Carolyn Bennett, ministre des Affaires autochtones et du Nord, au développement du tourisme autochtone au Canada. Je crois que ces secteurs d'activités sont très prometteurs, puisque ce sont le type d'expériences uniques dont les voyageurs internationaux de tous les âges ont envie et que le Canada peut offrir aux visiteurs étrangers. 

Et surtout, en tant que ministre responsable du tourisme, j'ai dirigerai les efforts à la table du Cabinet pour offrir une nouvelle vision fédérale en matière de tourisme qui permettra d'identifier une série de mesures visant à stimuler les visites internationales au Canada et à soutenir la croissance de l'industrie du tourisme.

CB: De nombreux Canadiens, y compris la génération y, citent le coût élevé du transport aérien à destination du Canada et à l'intérieur du pays comme l'une des principales raisons de choisir de voyager à l'étranger plutôt qu'au Canada. Quel est le plan de votre gouvernement pour régler les questions entourant les prix, les taxes et les prélèvements qui font augmenter les coûts des billets d'avion tout en diminuant la compétitivité du Canada?

MC: Lorsqu'on parle de tourisme et de voyages aériens dans ce pays, l'un ne va pas sans l'autre... L'an dernier, 54 % des touristes internationaux sont arrivés à leur destination par avion, au Canada, ce sont plus de 8 millions de touristes internationaux qui sont arrivés ici à bord d'un avion. Pour développer notre industrie touristique à long terme, le secteur de l'aviation doit absolument être concurrentiel.

L'an dernier, l'examen de la Loi sur les transports au Canada a permis de se pencher sur le secteur de l'aviation et de formuler plusieurs recommandations. Mon collègue, le ministre Garneau, dirige activement l'élaboration de la réponse du gouvernement à la suite de l'examen. Il est en consultation avec les intervenants et il considérera les recommandations découlant de l'examen du secteur de l'aviation. Je travaille en collaboration avec le ministre Garneau sur les enjeux importants touchant l'aviation, comme la gouvernance des aéroports, la compétitivité des coûts de transport aérien et le plafond de la propriété étrangère dans les compagnies aériennes, pour n'en nommer que quelques-uns.        

CB: Le tourisme au Canada est à la hausse. La reprise économique favorise les visites internationales, et plus de Canadiens prennent des « vacances sédentaires » pour contrer la faiblesse du dollar. Cette augmentation de la demande exige une main-d'œuvre adéquate. Votre gouvernement a annoncé des mesures à court terme pour permettre à des travailleurs étrangers temporaires de combler les manques de main-d'oeuvre. Quelle est la solution de votre gouvernement à plus long terme pour répondre aux besoins de main-d'œuvre de ce dynamique secteur économique?

MC: C'est un autre exemple de l'importance de cette industrie dans notre économie et nos collectivités. Les touristes veulent des expériences et des destinations de calibre mondial, ainsi que des services de qualité offerts par des employés formés - cela génère en retour des emplois assurés pour les Canadiens.

Par contre, ceci ne se fait pas du jour au lendemain. Je comprends que les pénuries de main-d'œuvre continuent d'être une préoccupation pour l'industrie du tourisme et que certaines petites et moyennes entreprises canadiennes s'appuient sur les travailleurs étrangers temporaires afin de pourvoir des postes vacants. 

Un comité de la Chambre des communes étudie le programme des travailleurs étrangers temporaires, et nous avons hâte de connaître leurs recommandations. Ma collègue, la ministre Mihychuk, ministre de l'Emploi, du Développement de la main-d'œuvre et du Travail, sera chargée d'élaborer la réponse du gouvernement du Canada à la suite de l'examen. Je suis en contact avec elle pour m'assurer que les préoccupations de l'industrie du tourisme soient connues.

CB: Bien que la Chine constitue le troisième marché source du Canada, le Canada possède des centres de demande de visa dans quatre villes de la Chine seulement, en plus d'afficher des temps moyens d'obtention de visa parmi les plus élevés au monde. On observe un nombre croissant de voyageurs chinois dans le monde entier, quel est le plan de votre gouvernement afin de réduire les délais d'approbation de visa en Chine, et y a-t-il des plans d'ajouter des centres de demande de visa dans des grandes villes chinoises actuellement non desservies?

MC: Le nombre de ressortissants chinois qui cherchent à venir au Canada a plus que doublé au cours des cinq dernières années; c'est une croissance phénoménale et cela crée certains problèmes dans le système. Question de faciliter les choses, les visiteurs chinois sont désormais automatiquement considérés pour un visa à entrées multiples de 10 ans. Le visa à entrées multiples est valide pendant 10 ans et permet de visiter le Canada pour des séjours allant jusqu'à une durée de six mois à la fois. La grande majorité des visiteurs chinois a reçu un visa à entrées multiples en 2015.

Le Canada a des bureaux de traitement de visa à Beijing, Shanghai, Guangzhou et Hong Kong. Les bureaux de visa de Beijing et Shanghai ont élargi leur processus de traitement simplifié, dont le programme CAN+, qui est accessible aux ressortissants chinois ayant voyagé au Canada ou aux États-Unis au cours des 10 dernières années.

Le Programme sur le transit des Chinois permet aux ressortissants chinois de passer par les aéroports canadiens approuvéssans visa de transit canadien ou autorisation électronique de voyage lorsqu'ils voyagent à destination ou en provenance des États-Unis, s'ils satisfont à certaines exigences. Le programme vise non seulement à aider les voyageurs légitimes à passer par le Canada lorsqu'ils voyagent à destination ou en provenance des États-Unis, il soutient également le développement économique en rendant les aéroports internationaux canadiens plus attrayants, autant pour les compagnies aériennes que pour les passagers voyageant à destination ou en provenance des États-Unis.

Ce n'est que le début, il y a encore beaucoup de travail à faire!

CB: Ministre Chagger, vous avez récemment assisté à Rendez-vous Canada 2016 à Montréal... Compte tenu que le tourisme contribue de manière significative au tissu économique, culturel et social du Canada, quels sont vos projets pour développer une stratégie touristique pancanadienne établissant des cibles et objectifs exigeants afin que le Canada maximise le succès d'une croissance soutenue à long terme de cette importante industrie?

MC: J'ai eu beaucoup de plaisir à Rendez-vous Canada. C'est tellement important pour moi d'avoir l'occasion de rencontrer les gens incroyables qui composent cette industrie et de discuter avec eux. Je comprends que l'édition de cette année a enregistré un record avec plus 26 000 rendez-vous et 536 acheteurs provenant de 28 pays. C'est une excellente nouvelle! Pour ajouter à cela, 2015 a été une année record pour le tourisme au Canada, avec une croissance de 7,5 % au chapitre des arrivées internationales pour des séjours d'une nuit ou plus.

Le gouvernement du Canada souhaite poursuivre sur cet élan et soutenir la croissance à long terme. C'est exactement ce que nous faisons, et ce que nous continuerons de faire. Nous avons fait des contributions importantes à Destination Canada pour la commercialisation de la marque canadienne, avec ses partenaires touristiques, tant publics que privés. Nous examinons tous les autres enjeux, notamment les visas et le transport aérien. Notre tâche première est d'amener les gens ici - parce que je sais qu'une fois qu'ils auront goûté aux expériences touristiques canadiennnes, ils reviendront encore et encore.


De gauche à droite : Blake Richards, député pour Banff - Airdrie, Charlotte Bell, présidente-directrice générale, AITC, l'hon. minister Bardish Chagger, David Goldstein, président-directeur général, Destination Canada, Scott Simms, député pour Coast of Bays - Central - Notre Dame, Gord Johns, député pour Courtenay - Alberni et Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada et députée pour Saanich Gulf Islands.

Source : AITC

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Nominations

Corporation plein air Manicougan/Jardins des glaciers

La Corporation plein air Manicouagan souhaite annoncer la nomination de Patrick Pelletier au poste de directeur des opérations du développement après 4 saisons à la barre des opérations à titre de coordonnateur. « Monsieur Pelletier a su relever chacun des défis  tant au niveau des opérations que de la gestion administrative des actifs de la CPAM », témoigne le président de la Corporation plein air Manicouagan.

« Les connaissances dans tous les domaines, avec du vouloir, ça s’apprend, mais la passion, tu l’as ou tu l’as pas. Patrick a la passion pour sa région. Je suis privilégiée de travailler à ses côtés. Les quatre dernières années ont été remplies de défis à tous les niveaux et ensemble, on a grandi dans cette aventure. Cette nomination est la suite logique d’un travail acharné », souligne Mme Renée Dumas, directrice générale. 

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