Une lettre qui a marqué le coup et qui mérite des précisions.

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TourismExpressLa lettre publiée le 8 décembre dans TourismExpress, sur la nécessité d’un électrochoc pour l’industrie touristique québécoise, a  eu un impact médiatique important, en plus de soulever beaucoup d’intérêt au sein de l’industrie, tout en apportant son lot de réactions. 

Afin de continuer d’alimenter la réflexion sur nos manières de faire au sein de l’industrie et suite aux réactions reçues, nous désirons apporter quelques précisions.

Compétences de la ministre
Certains acteurs de l’industrie ont affirmé que la lettre attaquait la crédibilité et les compétences de la ministre du Tourisme. Affirmation gratuite ou mauvaise interprétation de la lettre? Dans les deux cas, nous tenons à rétablir les faits.

Pour les huit signataires de la lettre, il n’était nullement question de remettre en doute la légitimité d’une élue, d’un ministre et ses compétences. D’autant  plus, et tous en conviendront, qu’il est encore tôt pour mesurer la performance de la ministre.

Notre propos consistait à souligner que, malheureusement, la plupart du temps, le nouveau ministre au Tourisme n’avait « pas la connaissance de notre secteur économique » et qu’il serait temps de remédier à cela. Ce qui est vrai dans le cas de l’actuelle ministre, mais qui était aussi le cas pour tous les ministres précédents. Une parenthèse s’impose, les deux nominations controversées au ministère n’ont rien fait pour arranger les choses.  

Société d’État VS décentralisation
Certains commentaires reçus portaient sur le danger de centraliser  les décisions au sein de la société d’État ou de l’agence qui serait créée. Dans la lettre du 8 décembre, nous avons bien abordé  « les actions plus au moins efficaces de mise en marché » du Québec, le nombre d’ATR et le « saupoudrage en matière de développement de l’offre et de mise en marché ». Des constats qui nous semblent être partagés par une majorité de joueurs de l’industrie. De plus, la centaine de participants à la rencontre annuelle stratégique de l’AQIT, le 9 décembre dernier, étaient largement d’accord pour affirmer que le ministère ne livrait pas la marchandise en matière de promotion touristique. Dans la lettre, nous avons été plus inclusifs en incluant tous les organismes de l’industrie.

Une remise en question de nos manières de faire n’a jamais inclus, pour les signataires de la lettre, un abandon des régions. Bien au contraire, nous désirons rendre tous les organismes touristiques, tous paliers confondus, plus  imputables de leurs actions, tout en clarifiant les rôles et responsabilités de chacun et en améliorant la coordination entre ceux-ci dans l’atteinte d’objectifs mesurables et partagés par tous.

Changement d’attitude et de culture
Il y a deux mots qui sont passés inaperçus dans les commentaires que nous avons reçus; attitude et culture. Les réflexions sur les structures de l’industrie ne doivent pas escamoter l’importance de changer les attitudes et la culture au sein de celles-ci. Nous pouvons bien avoir la meilleure structure du monde, mais si l’attitude et la culture, autant des entrepreneurs, des organisations que du ministère n’évoluent pas, l’annonce de l’échec de la mise en place d’un nouveau modèle de gouvernance ne sera pas prématurée. L’État providence ne peut pas être responsable de tout et répondre aux besoins de tout un chacun.

Un appui à la ministre
Le 10 décembre dernier dans un article du Devoir signé Karl Rettino-Parazelli, où la ministre Dominique Vien défend son leadership, elle affirmait que « les acteurs du milieu sont derrière elle » sur la réforme de l’industrie touristique et qu’elle était à l’écoute des gens.

Nous sommes d’accord avec vous Madame la Ministre, et cela est sûrement quasi unanime au sein de l’industrie, vous avez l’appui de tous  pour  réformer l’industrie. Cela ne peut pas être plus clair.

Il y a un mais, le processus de consultation que vous avez entamé doit être plus transparent et plus inclusif. Augmenter votre niveau d’écoute en l’élargissant à tous les acteurs de l’industrie. Personne n’a le monopole de la connaissance et de la vérité dans une industrie aussi complexe et dynamique.

Partagez le plus rapidement possible votre vision de l’industrie suite à votre processus de consultation. Soyez prête à faire des choix, à prioriser ceux-ci en fonction d’objectifs qui seront partagés par une majorité d’acteurs même si cela va jusqu’à remettre en question votre propre ministère.

N’oubliez pas que les changements que vous apporterez auront des impacts bien au-delà de la durée de votre mandat à titre de ministre du Tourisme.

De notre côté, nous allons continuer à alimenter les réflexions sur le modèle d’affaires de l’industrie et sa gouvernance par une série d’articles, tout en suivant de près l’avancement de vos travaux.


Louis Rome
Pour les huit signataires de la lettre « Le Tourisme Québécois a besoin d'un ÉLECTROCHOC »

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